LIVRE XXI
elle aida les chefs à maintenir la discipline, elle servit à relever le courage abattu des soldats. Lorsque les croisés eurent perdu l’évêque du Puy, qui les conduisait comme un autre Moïse, leur dévotion superstitieuse crut souvent le revoir au milieu des j)érils. Les chroniques rapportent qu’il apparut au siège de Marah, au siège d’Archas ; et que dans le dernier assaut livré à Jérusalem , l’ombre du pontife animait du haut des remparts la bravoure des guerriers de la croix (i). Pour avoir une idée des^ prodiges que pouvait enfanter la crédulité passionnée des pèlerins, on n’a qu’à se rappeler la situation désastreuse des croisés enfermés dans Antioche- ils se persuadèrent que les puissances du ciel venaient à leur secours ; une lance découverte miraculeusement leur parut une arme invincible que Dieu lui-mêm<^leur envoyait pour disperser leurs ennemis ; fortifiés par cette croyance, ils triomphèrent à la fin delà famine, du désespoir et de la multitude innombrable des Sarrasins. Que le soi t de la guerre place dans la même position une armée composée de soldats ])lus éclairés et moins crédules, ils ne seront frappés que de l’impossibilité de se sauver, ils ne croiront qu’à la nécessité de mourir, et ils périront tous misérablement. Celte considération ne doitelle pas faire pardonner aux soldats de la croix leur excessive crédulité !
(i) Raymond d’Agilcs. {üibliolh. des Crois.)
mSTOTRE DES CROISADES.
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