‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 167 sur 209 · livre XXIT. 3G · texte numérisé non relu

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désigner parmi les princes qui furent appele's à gouverner l’empire germanique j mais tout sage qu’il était, il ne put monter sur le trône impérial j il finit même par perdre son propre royaume : ce qui a fait dire à l’iiistorien Mariana qu’il perdit la terre en regardant le ciel (i).

On faisait alors beaucoup de prophéties fondées sur les observations astronomiques. Plusieurs chroniques nous rapportent, sous la date de 1 186, que les astrologues ou astronomes orientaux et occidentaux, chrétiens, juifs, arabes, avaient annoncé une grande conjonction de toutes les planètes, tant supérieures qu’inférieures, et la destruclion de toutes choses par la violence des vents ou des tempêtes (2) : l’histoire ajoute que les peuples furent dans le deuil et dans les alarmes; car on croyait à la fin du monde. Cependant les tempêtes ne causèrent point les ravages qu’on avait prédits , le monde resta tel qu’il était; et, ce qu’il y a de curieux, les astrologues ne perdirent point leur crédit ; car il arriva qu’à l’époque annoncée pour de

(1) On lit dans un livre provençal du treizième siècle, intitulé : Les Enseignemens de l’enfant sage, que , pendant la nuit, le soleil éclaire tantôt le purgatoire, tantôt la mer; que la terre est soutenue par l’eau , l’eau par les pierres , les pierres par les quatre évangélistes, et ceux-ci par le feu spirituel, image des anges et figure des archanges. (Lebœuf, Etat des sciences , tom. II, pag. igS.)

(2) Vie de Philippe-Auguste , par Rigord, an n86.

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gramles catastrophes, Saladin entra avec son armée dans la Palestine; et la perte de Jérusalem fut regardée, dans la chrétienté, comme l’accomplissemcnt des prédictions qui avaient été faites.

Rigord, qui nous rapporte la prophétie dont nous venons de parler , et qui prenait le titre de physicien ou de médecin, n’était guère plus avancé que le vulgaire crédule. Il nous dit gravement qu’après la perte de la ville sainte, on avait vu la lune descendre dans la plaine d’Argenteuil , et remonter ensuite vers le ciel. Ce phénomène était attesté par plusieurs religieux de Saint- Denis, qui prétendaient l’avoir vu (i); ce qui prouve au moins que dans l’abbaye de Saint-Denis, il n’y avait personne qui eût les moindres notions de l'astronomie.

La science qui consiste à mesurer le temps ne fit pas plus de progrès dans le moyen âge que celle de la sphère. On ne connaissait les heures que par les horloges d’eau, les cadrans solaires (a), et l’étendue de l’ombre du corps humain. Chose singulière! il ne vint dans la pensée d’aucun homme d’imiter on quelque manière la fameuse horloge envoyée d’Orient à Charlemagne au com-

(1) T ic de Philippe- Auguste , .an 1 188.

(2) Lebœuf pense que c’est le fameux Gerbcrt qui, vers 1.1 fin (lu dixième siècle, enseigna le premier, en France, les diirérentes manières de dresser les horloges solaires. {Etat des sciences, depuis Charlemagne jusqu au roi Robert, pag.89.)

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