‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 170 sur 209 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

Europe, fut toute la science des médecins pendant Je douzième et le treizième siècle (i).

A cette époque, la charité religieuse avait élevé un grand nombre d’asiles ouverts à rhumanilé sonlFrante. Mais cette charité, si admirable quand il ne s’agissait que de soigner les malades, de les consoler dans leurs souffrances , connaissait peu les symptômes et les caractères des innombrables maladies qui attaquent la vie de l’homme. On peut dire que, pendant les croisades, il nous vint d’Orient plus de maladies graves que de véritables lumières sur la médecine. Onsait les nombreuses léproseries qui furent établies en Europe dans le temps des guerres saintes : mais on ne sait point quels remèdes on employait contre la lèpre. L’isolement paraît avoir été le seul moyen curatif ou préservatif qu’on connût pour cette maladie , ce que beaucoup de savans médecins regardent aujourd’hui comme un préjugé. L’esprit de dévotion avait doté richement les lépreux, sans rien faire pour leur guérison. La lèpre, à la fin , disparut sans le secours de la médecine, et les biens affectés aux léproseries furent donnés aux hôpitaux, ce qui tourna au profit de l’humanité, et ce qu’on doit signaler comme un des bienfaits des croisades.

(1) Le P. Pogi a pieiendii, sans fondement, que le livre de l’ecole de Salcnie était composé dès 1086. Annales eccl., an 1087.

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