‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 187 sur 209 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

{jéiiei ale de l’ilalie, coimue le pa^'s qu’elle nous represcnle, se trouve divisée en plusieurs fractions, et se montre à nos regards semblable à un miroir brisé en raille pièces; de même qu’il faut cbcrcher rilalie, au mo^en âge, dans trente cités rivales, ainsi on ne trouve sonbisloire que dans beaucoup de chroniques diflérentes, qui ne s’accordent point entre elles. Les chroniqueurs italiens, préoccupés des intérêts de leurs cités, négligent trop les détails caractéristiques, les circonstances curieuses et importantes des grands événemens. Les chroniques d’Allemagne, à la même époque, ne nous pre'sentent guère plus de faits, et sont moins avancées pour tout le reste. La Germanie, qui n’avait point connu la civilisation des Romains, marcha la dernière dans la civilisation des modernes. Olhon de Frcissingue,Godefroi-lc-Moine, l’abbé d’Urangen, et plusieurs autres écrivains allemands du douzième et du treizième siècle, ne peuvent .se comparer à quelques-uns des hi.storiens du mémo temps, qui appartiennent à la France ou à l’Angleterre (1).

La France est le pays qui a fourni les témoignages les plus nombreux et les plus complets à Thistoire des temps passés. Aussi a-t-on pu remarquer que les savans étrangers des derniers temps, qui ont entrepris de faire connaître le moyen âge avec

(1) Les chroniqueurs il’It.ilic et d’Allemagne qui out p.irlé des croisades, sont analysés dans notre Biblioth. des Crois.

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ses lois et ses coutumes, ont puisé presque toutes leurs lumières clans nos vieilles annales. C’est la France et ses historiens qu’ils ont cru devoir étudier de préférence ; et c’est là qu’ils ont pris leurs notions les plus approfondies sur la féodalité, sur la chevalerie et sur l’origine des institutions chezles peuples d’Occident. Les chroniques des Anglais ne méritent pas moins de fixer l’attention de la postérité éclairée. Nous remarquerons avant tout que les chroniqueurs d’Angleterre sont au moins aussi crédules que les nôtres. Mathieu Paris, qu’on a pris pour un écrivain philosophe, parce qu’il a été l’interprète de quelques plaintes qui s’élevaient de son temps contre la cour de Rome, e.st peutêtre celui des historiens du treizième siècle qui rapporte le plus de prodiges et de choses incroyables; mais à côté de cette crédulité superstitieuse, on aime à voir dans les annalistes anglais un grand respect pour les faits historiques ; et le soin qu’ils prennent de rapporter toutes les pièces nécessaires à l’histoire, donne beaucoup de prix à leurs chroniques (i).

(i) On peut voir dans notre Biblioth. des Crois, de longs extraits des chroniques de France et d’Angleterre.

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