‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 27 sur 209 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

rk'lie coiiqiuHe par des feuxtlc joie, par dcsliymnos cl de uoDibreux banquets, où la chair blanche du chameau paraissait délicieuse aux soldats de la croix. Dans le même temps, les croisés français ne quittaient point la ville de Tyr, et se livraient aux plaisirs de la paix, se couronnant de fleurs, étalant en public leurs colliers dorés, leurs manteaux retenus par des agrafes d’argent , et passant les nuits dans la joie bruyante des tavernes (i).

Les tournois , quoiqu’ils eussent été défendus à plusieurs reprises par les papes, devaient surtout occuper les loisirs des guerriers de la croix. Nous avons vu, au milieu des misères du siège d’Antioche, les chevaliers et les barons donner aux ambassadeurs du Caire le spectacle de leur adresse et de leur force , dans des joutes et des courses chevaleresques. Ils faisaient voltiger en tournoyant leurs chevaux agiles ; ils représentaient l’image des combats, en courant avec leurs lances les uns sur les autres. Leur exercice favori était la quintaine ; on plaçait sur des pieux fortement plantés en terre, un mannequin couvert de l’armure et des vélornens d’un guerrier. Sa main droite étendue tenait un bouclier ; sa main gauche une épée ou un bâton J les cavaliers, dans leur course rapide, devaient frapper le mannequin à la poitrine -, si le coup portait à droite ou à gaucho, l’image du ^‘guerrier, tournant sur elle-même, frappait de son

(i) Gauthier Viiiisauf. {liiblioCh. des Crois.)

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bouclier ou de son épce le cavalier maladroit quo poursuivaient les buées do la multitude (i).

Pour les pèlerins qui n’avaient jamais quitté leur pays , tout devait être un sujet de curiosité et de surprise. L’bisloirc du temps a pris soin de nous dire avec quel étonnement , avec quelle joie ils contemplaient la ville de Byzance et les riches cités de rOrient (2). S’ils oüHrent quelquefois aux nations étrangères le spectacle de leurs jeux et de leurs fêtes, ils parlagèrent quelquefois aussi les plaisirs et les divertissemens des Orientaux. Lorsque le roi de Norvège, Sigurd, revenait de la Terre-Sainte, l’eiupereur de Constantinople fit représenter devant lui des jeux que les Grecs appelaient padrèmiques , et dans lesquels les guerriers du Nord virent les dieux et les héros d’Homère se mêlant ensemble sur le champ de bataille. Des feux semblables aux feux du tonnerre tombaient du haut des airs , éclataient avec fracas dans l’arène des combattans, tandis qu’on entendait au loin les sons harmonieux des lyres et des cithares. L’historien qui décrit ces jeux héroïques, ajoute que des guerriers, soutenus par une divinité tutélaire, défendaient, dans la mêlée, la gloire de la nation grecque, et que la multitude qui assistait à ce spectacle y voyait les destinées futures de l’empire (3).

(1) Robcrl-le-Moine, au siège d’Aiuioche.

(2) F’ouclier de Chartres, Odon de Deuil. (JSihl. des Crois.)

(3) Torfœus. Cet lustorica de Korvège, eu parlant du pèlerinage de Sigurd , dit que ce prince , à son retour de lu Terre-Sain le, passa à Conslanliiiople où l’empereur grec

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