LIVRE XXL . loq
» de mourir pour lui. » Un témoin oculaire rapporte que Richard, après avoir fait celte exhorlatipn, ajouta qu’il couperait la tête à ceux qui sor- * tiraient des rangs (i). C’est ainsi que les chefs de», croisades haranguaieut les pèlerins; nous croyons néanmoins^ qu’ils n’ont pas prononcé tous les discours'rapporlés par les chroniqueurs, mais ce qu’on peut dire, c’est qu’ils marchaient toujours à la tcle de leurs bataillous, et la troupe qu’ils conduisaient était surtout encouragée par leur exemple.
Les armées chrétiennes avaient avec elles une musique guerrière qui donnait le signal des combats. Les inslrumens les plus usités étaient la trompette d’airain , les cornets de bois, de fer, d’or ou *. d’argent, les sistres, les liarpes, les titiibales ou nacaires , cl les tambours empruntés aux Sarrasins. Un historien de la première croisade rapporte que dans la foule des croisés partis pour l’Orient, l’air retentissait d’une symphonie belliqueuse (2). Lorsque les croisés' s’avancaient vers Ascalon, dit le moine Robert, le son retentissant des clairons, des sistres et des trompettes, animait les soldats de la croiy, et, répété par les échos lointains, portait l’épouvante dans les camps ennemis. Nous lisons dans Albert d’Aix qu’après une expédition sur les bords de la mer, les guerriers chrétiens revenant à Jérusalem, et traversant les montagnes de la Judée, liront tout-à-coup retentir, en signe de victoire.
(1) Cliioriifjue uaglaiso. ( Bihlioth. des Crois. )
(•2) L’anonyme de Mabillon. {Dibliolh, des Crois.)
I m lUtSuTOIRE DES CR01S\DES. .
les cornets , ^s clairons et les tambours^ les ani-'
’ JDjinx sauvages effrayés du bruit, fuyaient de « toutes paiis, et les oiseaux* du ciel, arrêtés dans . ^’-^eur vol’, tombaient d’effroi au milieu des bataillouis: ebréliens (F). 'Marin Sariuti, dans son projet ■ des croisat^gs, présenté au pape, demandait cju’il y eût dans l’armée destinée à combattre les infidèles 'des flultes, des trompettes, dts vielles et des clai-'*
- itiny, afiü^ qu’une harmonie^, taj^yt douce , tonlôt belliqueuse*, pût tour-à-toSr.cbàrmer les pèlerins, ^enflammer leur courage et porter l’épouvante dans Ir les ramis ennemis (2). ■ ' /' »,4
■ •. Toutes les nalîô’ns de l’Europe avaiefft adopté
• des cris de guerre dans les combats ;^,celuj deiS’prc- ^ miers croisés, celui qu’on elitendit au concile dc*^ -
' Clermont , était Dieu le veut y. Doits lo viill , il {^Dieix /q volt). On y. ajouta ensuite le cri
Dieu aide ou Dieu aix , qui se trouve mentionné ^ dans presque toutes les chroniques du-, temps. Ou- * tre ce cri géiléral , èbaqde nati^ avait le sien conime elle avait sa bannière et sonlKrapeau. Raoul de Caen rapporte qu’à la bataille de Dory- .
* • lée le duc Robert fondit sur les Sarrasins, en cïAïut:
A moi , Normandie. Les provençaux, selon^Ray- > 4iiond d’Agiles, répétaient le nom de Tçulouse.^ dans leur marche à travers la'Macédoiue. Le cri de guerre changea dans tonies les,expe'clilions d’O-
(i) Aibcn é’Aix , Coll, de Bongars. ( Bihliolh. des 0rois.) i (•2) Raymond d’ Agites, Baudii j. Raoul de Caen, ïudeboJe, clc. {Bihliolh. dss Crois. )
, • * î *'<V,1JVÎVE JXI. ' * ^ III
,vipnt. Ridinrd Cœijr-de-Lipii, à la bataille d’Ar- ^ sur, Cl iail : Dieu aider^n Les croisés , vainqueurs do,Couslaii lino pie ^■ws!av.iiuçaicul oouU'O les Grecs aux cris i\(^Flnndreyf\, île jy nfitferrat (2). (Test aux cris do j\[ontjoie-Sainl^Dcnis^' r^uc les ^compagnons da^J^iis IX abordèrent sur les cèles d’-Eg^ pte (3). An' d eruier aseynl de UamiettQ., assiégée par Jean de Iji'ienne, les guerriers chrétiens ' qui parvinrent Ic^ premiers sur Je rempart, se jniro#i,t à crier: Kyrie elejUtoiu-, eivl’ârméc répondit:
' Gloria in excei^s Le, cri des rois de Jérusa- •, 1cm était : Au Clii^b’victorreux ! ylu règne du Christ (5) ! X0U8 avons vu dans l’iiisfoire que 1rs. noms de saint Georges de- saint Démélrius^et de ./ saint Mercure, lurent souMput invoqués dans les batailles (6). Les cris militaires les plus chers aux . jiélcrii:^ exigés de leur |)atrie, étaient sans dûtjtc Iqs noms des provinces 01^ des rojfaumes qu’ils avaient quittés pour la cause de'Jésus*ChHst. Les mots
, Cl) GauliyPr Vinisauf. ^Dibligllù des^Crois. ) ,
(2) Ijé troubadour Ramljaud de Veiqueiras. ( Vovez à la
fi»i d U Ac. vqi# de notre Histoire uu eclaucissentcnt sur les * « « **
IroubadoM^. ) ^ ,y-‘
(3) Joinville. ' . ‘ . î '■
(4) ^ limorial des podesi^s de Reggio , Coll, des ebroui-
fjucs italiennes. ( Biblioth. des Crois. ) ^
(3) Guillaume de Tyr, Coll, de Bong.nrS. ( Biblioth. des Crois. ) ‘ * • ..
(G) Raymiind d’Agilcs , Robert Ic-JIoiue, cic^f^ibliolh. des Crois. ) * ' .*iî /
*1.3. ’ lUSTOmE-DltS CllOISADES.:* /
France, Autriche, yéuglelenv, Allemagne, (lurent animer plus d'une lois la valeur des Francs dans les pjaines de l’Asip, et servirent à rallier les soldats de la croix sur les jbprds'de l’Oronle, du Isil cl du Jourdain. ,
Digitizod by Coogle