‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 5 sur 209 · LIVRE XXL · texte numérisé non relu

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iiiévifnblt’s , se reproduisaient dans toutes les expéditions malheureuses. Nous les retrouvons dans les chroniques qui ont parlé des dernières croisadeset de la destruction de l’empire chrétien en Plusieurs chroniques de la lin du treizième siècle, en annonçant que l’Europe n’a plus de cités ni de colonies en Orient, déplorent avec amertume cette calamité inouie , et s’étonnent de ne pas trouver la miséricorde de Die* d’accord avec sa justice. « Quelle gloire était réservée à la foi chré- » tienne, dit un de ces liistoriens, si les Mu- » sulmans eussent été vaincus en Sjrie ! Je parle » ainsi, ajoute-t-il, d’après mon jugement qui est » tout humain, car ceux de Dieu sont incompré- » hensiljles , et lui seul sait pourquoi il permet » que ces choses arrivent (r). »

Toutefois, comme on ne pouvait se persuader (|ue Dieu eût véritablement abandonné la cause des guerres saintes, on rejeta les malheurs de ces expéditions sur les crimes et la corruption des croisés. Si Dieu permettait que des armées chrétiennes périssent dans une guerre entreprise en son nom , c’était pour punir des enfans pervers. On ne devait pas attribuer les désastres des soldats de la croix à l’injustice du m«iître qui châtie , mais aux iniquités du peuple qui avait péché. Lorsqu’on ra|)pelait aux prédicateurs des croi-sades les promesses qu’ils avaient faites au nom du ciel, et qui ne s’étaient point accomplies, iis se contentaient

• (i) Viio Durand. [Bibliut/i, tics Crois.)

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d’invoquer l’exemple des enfans d’Israël , qui avaient péri dans le désert. En sortant d’Egypte, Moïse promit aux Hébreux une terre meilleure; mais ils blasphémèrent contre Dieu et contre %oïse son serviteur; ils tombèrent dans toutes sortes de désordres ; le désert devint le sépulcre de ce peuple indocile , et Dieu ne fut point trouvé pour cela infidèle à ses promesses (i).

Nous (levons faii-e remarquer ici que l’envie de justifier les croisades inspira souvent aux chroniqueurs des peintures satiriques, dont l’Iiistoire impartiale ne saurait adopter l’exagération. Pour confondre les incrédules et pour montrer toute la vérité des jugeraens de Dieu, ils se croyaient obligés de rembrunir leurs tableaux et de présenter les soldats de la croix sous les couleurs les plus odieuses. Ce qui doit le plus nous étonner, c’est que les croisés , lors(ju’ils éprouvaient des revers, s’accusaient eux-mémes d’avoir mérité, par leur conduite, tons les maux qu’ils souillaient. La disette, les maladies, les malheurs de la guerre éveillaient dans leur âme le remords des coupables, cl les austérités de la pénitence se mêlaient toujours au sentiment de leurs misères; lorsqu’enliri la victoire revenait sous leurs drapeaux et que la fortune se montrait plus favorable, les guerriers chrétiens se persuadaient qu’ils étaient devenus meilleurs, et remerciaient le ciel de les avoir

rendus digues de sa miséricorde et de ses bienfaits.

(i' S.iiiii Reniard , liv. Il, De C(Wiû/(7Y?(/t)/ic.

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