‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 58 sur 209 · LIVRE XXL iy · texte numérisé non relu

LIVRE XXL iy

leulons marcliaipiit toujours au combat comme un seul liommc , et leur milice intrépide était comme le bouclier tics armées ebrétiennes. Ils meUaicjit leur gloire dans la soumission à leurs chefs, et la victoii-e même ne pouvait servir d’excuse à la plus légère désobéissance (l). • Malheureusement les croisés venus d’Europe ne les voyaient point sans quelque jalousie , et ne suivaient ni leur exemple ni leurs conseils.

]\ous avons profilé de tout ce que nous avons Irouvé dans les chroniques, pour l'aire conuaîlre la tactique et la discipline des croisés. Nous citerons en terminant ce chapilre , quelques-unes lies maximes mililaircs rapportées par Marin Sanuti dans les secrets des Jid'eles de la croix. 0 Dans les marches et toutes les opérations guer- » rières , il faut que ce qui est profitable à une » armée puisse tourner à la ruine de l’ennemi... » 11 vaut mieux laisser derrière soi des troupes de » réserve , que de répandre au loin des soldats en )) avant de l’armée... Un petit nombre d’hommes » bien exercés, marche sans peine à la victoire; » une multitude grossière et inhabile ii’est bonne » que pour fuir... La nature crée peu d’hommes » avec une âme forte et intrépide ; la discipline >1 donne du courage à un grand nombre... Une » armée cjui s’avance en désordre est toujours en )) péril... Dans toutes les choses de la vie, on peut

(i) Voyez un trait de cc genre dans notre analyse de Gaulhiei Yiiiisauf. ( Biblioth, des Crois.)

iu8 • lllSTülIŒ DES CROISA.DES.

» s’amcmlor après une faute •, mais dans Jes com- » bals , une faute est irréparable , et la peine suit » toujours de près... llien n’est plus heureux à la )' guerre que de voir un camp bien gardé, un » camp où les guerriers peuvent passer les jours et » les nuits on toute sécurité, comme s’ils avaient » emporté avec eux leur propre ville. Quand l’en- » nemi arrive , ils ont le temps de se préparer au » combat, et ne tombent pas sous le glaive comme n un vil bétail... On n’a pas besoin du glaive pour » vaincre celui qui n’a rien prévu , et qui n’a pas » les provisions nécessaires... Appelez un grand » nombre d’hommes, quand vous aurez à déli- » béter •, pour le commandement , agissez tout » seul... Dans les actions décisives , lorsqu’il s’agit » do la vie et de la mort, il n’y a point de pardon » pour les fautes, même les plus légères, n

Ces maximes générales ne donnent pas, comme on voit, des notions assez positives sur les* progrès de la lactique au temps des croisades. MaisSanuti a soin de dire que ceux qui voudront en savoir davantage pourront l’apprendre dans les écoles, ce qui prouve au moins que la guerre était déjà une science, et qu’on en donnait alors des leçons ailleurs que dans les camps et sur le champ de bataille.

LIYRE XXI.

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