‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 60 sur 209 · LIVRE XXL · texte numérisé non relu

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liens leponclaiciil : « Nous u’euvaliissons point voire » pays, mais nous réclamons une terre qui appar- )) tient au prince des apôtres j nous ne voulons pas » vous tuer j mais le Seigneur a dit : Je suis le dieu >) des vengeances , et le glaive sera tire' contre ceux » qui transgressent ma loi (i). » Tel était alors le langage de la diplomatie chrétienne et musulmane. La plupart des villes de la Syrie payèrent un tribut aux Francs victorieux. La terreur qu’inspiraient les guerriers de la croix avait seule dicté les traités et présidait à leur exécution.

On vit quelquefois des alliances offensives et défensives entre les chrétiens et quelques princes musulmans; mais une défiance mutuelle empêcha toujours que ces alliances eussent quelque résultat ou même quelque durée. Les uns croyaient déplaire à Jésus-Christ en se rapprochant des infidèles; les autres redoutaient la colère de Mahomet, en mêlant leurs drapeaux à ceux de la croix. Les négociations les plus remarquables des Francs et des puissances musulmanes furent celles d’Amaury, roi de Jérusalem et du calife du Caire. Nous avons raconté ces négociations, dans lesquelles le prince des croyons^ au grand scandale des Musulmans, fut obligé do présenter sa main nue aux députés chrétiens. Les émirs égyptiens, qui se disputaient la faveur du calife et l’autorité souveraine , appelèrent tour-àtour au secours de leur ambition les armes d^A-

(i) Annales de Gènes, par Caffaro, Coll, de Muratori. {Bihlioth. des Crois.)

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maury et celles de Noureddin , sultan de Damas. Alors on vit arriver successivement sur les bords du Nil des ambassadeurs qui flattaient l’espérance des factions et des armées qui désolaient le pays. De part et d’autre ou montra plus de bravoure que de respect pour les traités et pour les lois de la justice. Amaury , tou t-à-la- fois trompé et vaincu, se trouva enfin obligé d’abandonner l’Egypte , et ce fut au milieu de toutes ces révolutions que s’éleva la puissance de Saladin , qui finit par être le maître de Damas, du Caire et de Jérusalem.

Avant la troisième croisade, l’histoire fait mention des rapports qui s’établirent entre les princes d’Occident et les plus puissans monarques de l’Asie. Les chroniques contemporaines rapportent qu’il était parti d’Europe un envoyé de l’empereur d’Allemagne, nommé Gérard, qui fut très bien reçu à I4 cour du Caire, et dont il nous reste une relation qui atteste un long séjour en Orient (1). De son coté Saladin, avant la prise de la ville sainte, avait envoyé des ambassadeurs en Occident, et ces ambassadeurs séjournèrent plusieurs mois à la cour de Frédéric Barberousse. Quand la croisade eut été décidée parmi les princes chrétiens, Frédéric, plein de respect pour les lois de la chevalerie , ne voulut pas marcher contre le nouveau conquérant de la Palestine sans lui avoir déclaré la guerre par un message solennel. « Notre devoir, comme

(i) V oyez Arnold de Lubeck , Coll, des chroniques allemandes. {Biblioth. des Crois.)

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