‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 68 sur 209 · I.lVIlIi \\1. i · texte numérisé non relu

I.lVIlIi \\1. i

fl les |)ressail, de se i eudre à l’évidence do la foi clii élienne. Il invoquail luui-à-lour les palriarclics, les prophètes et les apôtres , véritables lumières jdacées sui' la voie des vérités é\> angélique s. « Ce n’est pas » votre royaume que nous vous demandons, ajoun tait Grégoire, c’est vo’us-mème. Nous ne voulons » point porter atteinte ni à vos honneurs ni à votre )) puissance -, notre vœu le plus clier est de vous » élever au-dessus du siècle , et d’assurer votre salut » sur la terre et dans le ciel(i). » Rien ne serait plus curieux sans doule que de voir comment les princes musulmans , et surtout le vicaire de Mahomet, répondirent au chef de l’Eglise chrétienne; mais nous n’avons trouvé aucun éclaircissement sur ce point , ni dans les auteurs arabes , ni dans les historiens oc^cntatix.

Dans les guerres contre les Turcs, les papes eurent des rapports nombreux , tantôt avec les conquérans de la Grèce, tantôt avec les puissances musulmanes de l’Egypte, de la Syrie et delà Perse. Un des prédicateurs les plus ardens de la guerre sainte , Pie II, après avoir cherché dans tout l’univers des ennemis aux Turcs , eut la pensée bizarre d’opposer aux armes de Mahomet 11 les argumens de la théologie , et de triompher de lui par la dialectique. Il nous rcslft un mémoire très étendu dans lequel le souverain pontife s’efforce tonr-à-tour de convaincre l’esprit de l’empereur turc par des raisonnemens , et de séduire son ambition en lui

(i) Raynal Ji , Aunates cccles., an 1233.

Vt. lo..*

montrant la conquête facile de tout l’Orient , ot même la possession de la Hongrie et de la Boliêmc(i). Dédaignant ces messages et toutes ces négociations, les Musulmans poursuivaient toujours leurs victoires. Les chrétiens se trouvaient souvent réduits à demander la paix^ et tel était alors l’esprit de la diplomatie des croisades , qu’un souverain pontife remercia l’empereur d’Allemagne de l’avoir compris dans un traité de paix conclu avec Soliman (2).

Rien n’annonce plus la> décadence des guerres saintes que ces négociations des papes. Dans les premières croisades, on s’occupait surtout de conquétir les royaumes des infidèles; la conversion des princes musulmans devint ensuite lavande affaire des pontifes, parce que renlliousi;i#ic belliqueux ' commençait à s’éteindre , et qu’il devenait plus facile de trouver des argumeus que des soldats. Au reste , ces dernières tentatives ne réussirent pas plus que les précédentes, et Dieu permit que tous les pays dont ou avait contesté la possession, tantôt par (le pieux laisonneinens , tantôt par l’épce des croisés, restassent au pouvoir des ennemis de l’Evangiie.

(1) Ruyiialdi , AnmiU's acrles. , Mni. i.ftii.

(2) Cli’iueiU VU, Annules ecctvs, , aim.^ i533.

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