‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 87 sur 209 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DE l’aNGLETERRE.

La nation anglaise, enfermée dans sonile, avait vu éclater loin d’elle les premiers orages des croisades. A cette époque , les rois d’Angleterre s’occupaient d’apaiser le mécontentement des peuples conquis, et profitaient en meme temps de l’absence de leurs voisins ou de leurs rivaux que les opinions dominantes entraînaient en Asie. Henri II, devenu, après la seconde guerre d’Orient, l’époux d’Eléonore et le martre de la Guyenne , poursuivait avec autant de succès que d’habileté l’ouvrage commencé par ses prédécesseurs , lorsque le meurtre de Thomas Bequet interrompit le cours de ses desseins et changea toute la politique de son règne. Menacé des foudres do Rome, il se vit contraint d’obéir aux idées de son siècle, et fit le serment de passer trois ans à la guerre sainte , soit en Espagne, soit en Syrie (i). Un traité, conclu à Ivri , entre Henri II et Louis VII (2), nous apprend que ces deux monarques avaient formé le projet de partir

(1) Brompton , ann. 1188.

(2) Voy. le texte de ce traitd dans notre extrait des Actes de Riemer. ( Biblioth. des Crois. )

lO'i HISTOIRE DES CllOISxVDES.

ensemble pour la croisade ; mais dans ce traite , on prévoyait tellement le cas d’une rupture , on y remarque des protestations si affectées d’un attachement réciproque, ejue dès-lors il était permis de croire que les rois de Fi ance et d’Angleterre se défiaient l’un de l’autre, et qu’ils ne se réuniraient point sous les drapeaux de la croix.

Lorsque le patriarche de Jérusalem vint en Angleterre , et conjura Henri de partir pour l’Asie, le roi prêcha lui-même la croisade j mais ses barons l’empêchèrent de quitter son royaume, troublé au dedans, menacé au dehors; le patriarche appela sur la tête du roi la colère céleste; et pour détourner les malédictipns du ciel , Henri II envoya quelques chevaliers et une grande somme d’argent à la Terre-Sainte. En reconnaissance des offrandes généreuses du monarque anglais , on fit placer ses armoiries sur les étendards de Jérusalem, et dans , la malheureuse bataille de Tibériade, il arriva que les armes de la monarchie britannique tombèrent avec la vraie croix au pouvoir de Saladin (i).

Dès qu’on apprit en Europe la perte de la ville sainte , la croisade fut prêchée en Angleterre comme .dans les autres pays chrétiens. On vit beaucoup de prodiges dans le ciel; le peuple s’enflamma d’un saint enthousiasme pour la cause de la croix. Ce fut au milieu de celte agitation des esprits que Richard succéda à son père Henri II, qui avait juré en mourant de marcher à la délivrance de Jérusalem.

(i) Voyez le livre de noire Histoire.

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