CHAPITRE V
DE l’iTADIE.
On se rappelle que le pape Urbain II, avant de prêcher la croisade an concile de Clermont , l’avait déjà prêchée à celui de Plaisance (i). Dans le premier de ces conciles, personne ne prit les armes; dans le second, tout le monde accourut sous les drapeaux de la croix; des résultats si dilTérens semblaientprouver que les deux peuples, dont le pontife invoqua tour-à-tour le pieux enthousiasme, n’avaient ni la même ardeur belliqueuse, ni le même caractère. Pour faire mieux apprécier cette différence de mœurs et de sentimens entre des nations voisines, il nous suQira de jeter un coup-d’œil rapide sur l’état de l’Italie au moyen âge.
Les Huns, les Francs, les Vandales, les Goths, les Germains et les Lombards , portèrent tour-àtour dans celte belle contrée le fléau de leur domination, et lorsqu’elle sortit des mains de tous ces peuples barbares, la nation italienne ne trouva rien ni dans ses mœurs, ni dans ses institutions, qui pût l’aider à recouvrer son indépendance; plu-
(i) Voyez le l'r. livre de noire Ilistoire.