LIVRE VINGT-UNIEME
rciir Baudouin prisonnier des Bulgares, et les Flamands furent sur le point de prendre les armes pour un imposteur qui se disait le comte de Flandre*,
Il arrivait quelquefois que les pèlerins, après une longue absence , étaient méconnus dans leurs propres foyers. Une femme retrouvai! son mari avec une autre épouse; un époux, sa femme avec un autre mari. Ces mariages étaient ordinairement annulés par la juridiction ecclésiastique, la seule compétente pour prononcer sur de semblables questions et sur tout ce qui concernait les croisés. On excommunia au concile de Lisieux les époux qui contracteraient de nouveaux liens avant d’être assurés que leur femme ou leur mari partis pour la croisade étaient morts dans le pèlerinage. Plus d’un croisé, rentrant sous le toit de scs pères, voyait ses biens entre les mains de ses héritiers, qui, le plaçant au nombre des martyrs de Jésus-Christ, s’étaient partagé ses dépouilles terrestres. Ces abus se renouvelaient souvent, et répandaient le trouble dans les familles. Les papes s’occupèrent d’y apporter un remède, et plusieurs brefs des pontifes défendirent aux fidèles do disposer des biens d’un pèlerin avant qu’on eût la certitude de sa mort’, ce qui était quelquefois un autre inconvénient et ne remédiait pas toujours au mal.
Il faut avouer que la longue absence des pèlerins, la vie errante des croisades, ne favorisèrent pas toujours les vertus domestiques, et que dans toutes ces expéditions , entreprises pour délivrer l’héritage de Jésus-Christ, on oublia trop souvent les préceptes et la morale que le fils de Dieu avait apportés aux hommes pour le maintien de la paix et de la justice.
* Voyez le liv. XI de notre Histoire.
* Voyez dans les PH’ccs jasüÛcaUTes de notre Histoire les boUes d'innocent 111, de Cilesila tll* 4e Grégoire IX.