‹ Histoire des croisadesChapitre 103 sur 213 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

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I los royaumes de l’Europe, avec leurs lois et leurs institutions, restaient en proie l> beaucoup de violences et d'iniquités, que de brigandages ne devaient point se commettre dans les vastes solitudes de la mer, où le crime n’avait à redouter d’autre témoin que Dieu et d’autre supplice que le remords des coupables! Tandis que les flottes des cités maritimes transportaient en Syrie les armées chrétiennes , les armes et les provisions des croisés, des marchands entraînés par l’esprit de cupidité vendaient aux infidèles du bois de construction , du fer et tout ce qui pouvait seconder la fureur des Barbares dans leurs guerres contre les chrétiens. Dans le temps même où l’on se battait dans la Palestine pour la délivrance du saint tombeau, des pirates couraient la Méditerranée , et pillaient tour à tour les disciples de Mahomet et les disciples de Jésus-Christ. Plusieurs sentences des papes (wursuivirent ces violateurs du droit des gens et de la fraternité évangélique. Il fut ordonné aux villes et aux bourgs qu’ils habitaient et d’où ils étaient partis, de les rappeler et de les punir; dans toutes les cités qui bordent la mer, on publiait chaque dimanche les décrets «lui les séparaient de la communion des fidèles; il était défendu d’entretenir avec eux aucun commerce, aucune relation; si quelque calamité menaçait leur vie, ils n’avaient point de part aux prières de leurs frères les chrétiens; s’ils tombaient aux mains des Turcs, on devait les abandonner à la servitude'.

On a pu remarquer dans notre Histoire que la persécution contre les juifs dura presque autant que les croisades. Cette nation malheureuse n’eut pas un moment de sécurité , et le nom si cher de Jérusalem était pour elle un signal de guerre et de destruction. Une

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