‹ Histoire des croisadesChapitre 107 sur 213 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

IDÉES GÉRÉDALES.

TANT de donner noire opinion sur les résultats des guenes saintes, il nous a paru convenable de rappeler en peu de mots les jugements que d'autres en ont portés. Dans le dix-septième siècle, si fécond en grands génies, on admirait l’héroïque bravoure des croisés, on déplorait leurs revers, et, sans s’occuper du bien ou du mal qu’avaient amené ces expéditions lointaines, on respectait les motifs pieux qui avaient fait prendre les armes aux guerriers de l’Occident. Le dix-huitième siècle, qui avait adopté toutes les opinions de la réforme et qui les exagérait, le dix-huitièrae siècle n’épargna point les croisades, et ne manqua point d’en accuser l'ignorance, le fanatisme et la barbarie de nos aïeux. l’eu de personnes savent aujourd'hui que 'Voltaire publia en 47o3 une histoire dos croisades ' ; le sujet qu’il avait choisi était alors si décrié, et lui-môme jeta tant de ridicule sur les événements qu’il racontait, que son livre n’inspira point de curiosité et ne trouva point de lecteurs. Rien n’égale la violence avec laquelle les auteurs de \ Encyclopédie renchérirent peu de temps après sur l’opinion de Voltaire. Cette manière de juger les croisades était si généralement ré- I panduo, que les panégyristes de saint Louis s’y laissèrent entraîner, et que plusieurs d’entre eux, dans leurs discours, pardonnèrent à

’ Celle relition des croisades avait d'abord pro dans le Herenre; elle fut Imprknte ensuite en ■Il petit voImK. Votulre l'a retondue dans son Histoire fitirtU.

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