LIVRE VINGT-DEDXIÈME
presque toutes en décadence; aucune, pas même les Turcs, n’a pu se relever avec éclat depuis cette époque. L’islamisme, nous l’avons vu par nos yeux, semble partout avoir perdu sa force; toutes les institutions qu’il avait fondées n’ont fait que dépérir. De toutes parts les peuples, ceux même qui ne sont pas chrétiens, attendent leurs destinées de l’Occident. La plupart des contrées orientales où les guerriers francs avaient planté la croix de Jésus-Christ, fixent maintenant l’attention de l’Europe chrétienne. Comme aux temps des saintes expéditions, tout le monde a les yeux sur la Grèce, sur Byzance, sur les côtes d’Afrique, sur l’Égypte et la SjTie, sur la Méditerranée et ses lies. Ne semble-t-il pas que les croisades vont recommencer ? Dans les sociétés humaines il est des révolutions qui ne s’arrêtent jamais, et qui s’avancent lentement et même à l’insu de l’homme, semhlahles à ces astres qu’on voit apparaître sur l’horizon, à de longs intervalles, et qui poursuivent sans cesse leur course dans le firmament. Parmi ces grandes révolutions que la providence dirige, on doit compter sans doute la révolution des croisades, dont rien n’a pu jusqu’ici arrêter la marche et qui, sous des formes diverses, avec des mobiles différents, tend toujours au même but moral, la civilisation des peuples barbares et la réunion de l’Occident et de l’Orient.
Nos lecteurs se rappellent que dans notre Histoire nous avons pris soin de montrer le caractère et la physionomie particulière de chaque croisade, et de faire connaître le bien et le mal qui en résultaient pour les contemporains. Maintenant nous embrasserons dans une revue générale toutes les expéditions en Orient ; nous montrerons l’état des royaumes de l’Europe au milieu des guerres saintes, l’origine des institutions et des lois, les progrès des lumières, laissant aux lecteurs éclairés le soin de juger eux-mêmes ce qui est l’ouvrage du temps, ce qui appartient à la politique des i-ois, aux passions humaines, à l’influence du christianisme et des croisades.
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