CHAPITRE lY
DE L'ALLEXACXE.
ANDis que l’Angleterre conquérait la liberté contre ses rois et que la France redemandait la sienne h la royauté, l’Allemagne présentait un autre spectacle. L’empire germanique, qui avait jeté un grand éclat sous Othon I et sous Henri III, marcha vers une décadence rapide pendant les croisades. La puissance impériale avait d’abord dominé toutes les autres ; mais les empereurs , tour à tour aux prises avec le saint-siège et les révoltes des grands vassaux , accordèrent des privilèges et des libertés à tous ceux qui se présentaient pour les défendre, et tout ce qu’ils avaient donné tourna contre leur pouvoir. Bientôt l’Allemagne eut des princes ecclésiastiques, dont les regards se tournèrent vers la cour de Rome ; des princes laïques reconnus souverains , qui s’occupaient d’accroüre leurs prérogatives ; des villes libres, qui étaient devenues des républiques indépendantes; une noblesse inférieure, qui , affranchie de tout lien féodal , désolait les provinces par ses guerres privées ou par ses brigandages. La puissance impériale restait isolée au milieu de tous ces intérêts nouveaux. Dans le désordre général , chacun avait trouvé les moyens de s’agran-
1 • Voje* le Ut. XIX de noue Histoire lu m, ^ 35»).