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thie des Grecs et des Latins, et celte antipathie amena avec elle beaucoup de misères pour les croisés, et peut-être aussi les revers où périrent les armées les plus florissantes de l’Allemagne. La préséance que Conrad obtint à Jérusalem sur Louis VH ' et l’honneur d’avoir pourfendu un géant sous les murs de Dumas furent les seuls avantages ou les seuls titres de gloire qu’il rapporta de l’Orient; dans un bref du souverain pontife, il fut proclamé \c premier défenseur de l'Église^-, mais, ce qui dut surtout lui mériter la confiance des peuples , il avait laissé , en partant pour l’Asie , un ministre qui fut pour l’empire ce que l’abbé Suger était dans le même temps pour la France.
Quarante ans plus tard , l’enthousiasme des croisades échauffa de nouveau les peuples germaniques. Frédéric Barberousse, qui commandait les nouveaux croisés , passait pour le plus grand homme de guerre de son temps , et les soldats qui l’accompagnaient en Asie étaient cités comme les modèles de la discipline et de la bravoure. L’empereur d’Allemague allait se réunir à deux grands monarques de l’Occident qui l’avaient précédé en Palestine. On espérait que les musulmans seraient détruits et leur orgueil à jamais abattu ; ce triomphe , auquel devait s’associer Frédéric, pouvait ajouter à sa gloire comme à su puissance parmi les peuples chrétiens. 11 en arriva autrement, et la petite rivière du Sélcf fut comme un abîme où vinrent s’engloutir toutes les espérances de la troisième croisade ‘. L’histoire ne nous dit point quelles furent alors les plaintes de l'Allemagne ; mais , par un caprice singulier de la fortune, ce fut la rançon de Richard, retenu captif par le fils de Frédéric, qui paya les frais de la guerre sainte*, et, si nous en croyons les traditions, la capitale de l’Autriche , dont Ænéas Sylvius vantait plus tard les somptueux édifices , fut rebâtie dans le même temps avec les trésors du monarque anglais*.
Quand les guerres saintes commencèrent, les foudres de Rome grondaient déjà sur le trône impérial ; vers la fin des croisades, l’orage devint plus violent. On se rappelle qii’ürbain H, après le concile de Clermont, n'invoqua pas les armes des croisés pour combattre l’em-
' SlDiias, Colt des chroiliqaes allcnuDdes ( Bibliolktque àa Croiiaie» ).
' Otion de î>eutt^{BihUoihique de* Crûisaàet),
> Lettres de rabbéWilbald. Coll, de Martenne ( ne des Croltadet),
* Tigenon, Godefrojr le Moine. Ansberç. \% Rciatio» anon^me^ etc. {Bibliothèque des CroisoJei).
* r.oHIsoine de Neobridge (Bihliolhiquedes Croieadeê).
* Tboous EbcDüorlTer, CoU. des chrooiques allemandes {Bibliùthèque de* C>oisadeè ).