CHAPITRE VI
DE l'ESPAGXE.
n parcourant ainsi les principaux États de l’Europe , on est frappé surtout de cette grande diversité qu’on aperçoit dans les mœurs , les institutions et les destinées des peuples. Comment suivTe la marche de la civilisation au milieu de tant de républiques et de monarchies, les unes sortant avec éclat du sein de la barbarie, les autres tombant en ruines? Pt comment montrer l’induence des croisades à travers tant de révolutions qui ont souvent les mêmes causes, et dont les effets sont si différents et quelquefois si opposés? L’Espagne, sur laquelle nous allons jeter les yeux , nous offrira encore d'autres tableaux , et doit fournir de nouveaux sujets de méditation.
Pendant tout le cours des croisades, nous voyons l’Espagne occupée dans ses propres foyers à se défendre contre ces mêmes musulmans que les autres peuples de l’Europe allaient combattre en Orient. Au nord de la Péninsule s’étaient maintenues quelques souverainetés chrétiennes qui commencèrent à se rendre redoutables sous Sanche le Grand, roi de Castille et d’Aragon. La valeur des Castillans , soutenue par l’exemple du Cid , par l’influence des meeurs chevaleresques, secondée par des guerriers accourus de toutes les provinces de France, avait repris Tolède avant la fin du onzième siècle. Cependant les
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