‹ Histoire des croisadesChapitre 127 sur 213 · LIVRE VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-DEUXIEME

soriquôles des Espagnols ne répondirent point dans la suite à l’éclat iSi leurs premiers triomphes : il mesure qu’ils reprenaient des pro- |•nlces sur les Maures, ils en formaient des royaumes séparés, et la puissance espagnole, ainsi divisée, se trouvait en quelque sorte afîaiüiie par ses propres victoires

L’invasion des Maures en Espagne avait quelque ressemblance avec celle des Francs en Asie. C’était la religion de Mahomet qui animait aux combats les guoi-riers sarrasins, comme la religion chrétienne enflammait le zèle et l’ardeur des soldats de la croix. Plusieurs fois l'Afrique et l’.\sie répondirent h l’appel des colonies musulmanes en Espagne, comme l’Europe aux cris d’alarme des colonies chrétiennes en Syrie. L'enthousiasme enfanta de part et d’autre des prodiges d’héroïsme, et tint la fortune longtemps suspendue entre les deux peuples et les deux religions ennemies.

Un esprit d’indépendance dut naître parmi les Espagnols au milieu de cette guerre où l’État avait besoin de tous les citoyens, où ehaque citoyen acquérait par cela même un très-haut degré d’importance. On a remarqué qu’un peuple ipii a fait de grandes choses, qu’un peuple appelé tout entier ù la défense de la patrie, éprouve un sentiment exagéré de ses droits, se montre plus exigeant, quelquefois injuste envers ceux qui le gouvernent, et se trouve souvent tenté d’employer contre ses souverains la force qu’il employa contre ses ennemis. Aussi voit-on dans les annales espagnoles que la noblesse et le peuple se montrèrent plus turbulents en Espagne que dans d' autres pays , et que la monarchie y fut d’abord plus limitée que chez les autres nations de l’Europe.

L’institution des cortès, l’alfranchissement des communes, une ibulc de privilèges accordés aux villes, signalèrent de bonne heure l’indépendance des peuples de la Péninsule. L’invasion des Maures ne permit point au gouvernement féodal de prendre racine sur le territoire espagnol ’ comme dans le reste de l’Europe, et parmi les désordres qui désolèrent pendant si longtemps les royaumes de Léon, de Navarre et de Castille, on n’eut point à déplorer une lutte funeste entre l’aristocratie et le peuple; mais la noblesse, toujours prête à se icvolter contre scs rois, les prétentions ambitieuses de quelques

* tU>nMi>lcz poor l'Iiisloire de l'E<)iainie aa moyen âge, VffitUire de F Afrique et de rEepague, fur Cardoime ; YHiet. Hhptn., par Ûarfana ; l'Eiudye kieloriciHrrUico, par Marina, etc., etc.

< On doit excepter le pays d'Aragon, où les teuorta feodales éuieni générales.

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