IV. t
familles qui se disputaient la prééminence ou le pouvoir , n’en tro^j blèrent pas moins les provinces arrachées au joug des musulnw'«i- Si on en jugeait par les actes publics de la législation, on pourr^îit croire que les Espagnols avaient joui de la liberté avant les autres peuples de l’Europe; mais, dans tous les moments de trouble, il fnit bien se gawler de juger de la liberté d’une nation par ce qui se dit dans les assemblées politiques, ou par des chartes et des institutions tour à tour arrachées par la violence, détruites par la force, toujours placées entre deux écueils , l’anarchie et le despotisme. L’histoire <l’Espagne à cette époque est remplie de crimes et de faits monstrueux qui souillèrent la cause des princes comme celle des peui>les, ce qui prouve du moins que les mœurs ne s’accordaient point avec les lois , et que les institutions créées au milieu des discordes publiques n’avaient point adouci le caractère national.
Au milieu des révolutions qui agitaient l’Espagne, les passions politiques firent quelquefois oublier jusqu’à la domination des Maures. Lorsqu’à la fin du treizième siècle les musulmans, vaincus par Jaccpies d’Aragon , abandonnèrent les îles Baléares , le royaume de Valence et de Murcie, les Espagnols suspendirent tout à coup les progrès de leurs armes. Tandis qu’en Orient les mameluks victorieux avaient redouble d’elTorls pour chasser tout à fait tes Francs dos côtes de Syrie, en Occident les Maures restèrent pondant deux siècles en possession d’une partie de l’Espagne, sans que les Espagnols s’occupassent sérieusement d’achever la conquête de leur propre patrie. L’étendard de Mahomet flotta sur les villes du royaume de Grenade jusqu’au règne de Ferdinand ’ et d’Isahelle. Ce fut seulement à cette époque que la monarchie espagnole sortit toute-puissante du chaos des révolutions, et qu’elle réveilla dans les peuples cet enthousiasme guerrier et religieux qui acheva l’expulsion des Maures. Alors se termina cette lutte cjui avait duré huit siècles , et dans laquelle, selon les auteurs esi)agno!s, il se livra trois mille sept cents batailles, 'faut de combats, qui ne furent qu’une longue croisade, durent être connue une école de bravoure et d’héroïsme; aussi les Espagnols , dans le seizième et le dix-septième siècle, étaient-ils regardés comme la nation la plus brave et la plus belliqueuse de l’Europe. Les pll‘lo^
• Ferdinand lit, dit le sainU ^lalt rousin de saint Louis, et ces denx princes régnèren' i la «ème époque. Pendant que le nmnarque espagnol achevait l’expulsion des Maures, le roi de France combattait au delà des mers les nations innsulinanc-v.