‹ Histoire des croisadesChapitre 169 sur 213 · LIVRE VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-DEUXIEME

/arle a l'igurû par d’autres édi6ces les villes de la Palestine, de la Syrie, de l’Égypte, etc.; les distances sont marquées sans exactitude; tout semble jeté pêle-mêle et comme au hasard ; cet amas confus d'édifices ou do maisons parait moins être une représentation de l'univers, que l’image informe d’une grande ville bftlie sans plan et sans régularité

On jugera par là combien la géographie était encore dans l’enfance; mais au moins on s’en occupait, ce qu’on n’avait point fait ,jus(]u’alors. Ainsi on devait croire qu’on n’en resterait pas là, et que les connaissances géographiques feraient bientôt des progi-ès. Dans le quatorzième siècle, on connaissait déjà beaucoup mieux les contrées de l’Orient, si on en juge par la carte que Sanuto présenta au jiape, et qu’on peut voir dans le recueil des historiens des croisades par Bongars.

Nous ne terminerons pas ce chapitre sans parler de l’étal de la géographie chez les Arabes dans le moyen <àge. L’ouvrage «i'ÉiIrizi, composé entre la seconde et la tro'isième croisade, nous prouve que les musulmans étaient alors beaucoup plus avancés que les Francs et les Grecs Cet ouvrage est précieux , même de nos jours , par les détails géographiques qu’il renferme sur certaines contrées de l’intérieur de l’Asie qui n’ont pas encore été bien décrites. Aboulféda et Makrisi, qui vinrent ensuite, sont supérieurs à tous les écrivains de l'Occident qui s’occupaient de la géographie à la même époque ’. Nous n’avons point assez de documents pour expliquer celte supériorité ; mais ne pourrait-on pas en trouver une cause vraisemblable dans ce caractère impatient, dans cette ambition inquiète, qui portèrent d'abord les peuples musulmans à étendre partout leur domination? Dès les premiers temps de l’hégire, le prosélytisme belliqueux

’ Celle ortc se troave ï la Do d’un inanuserit da quatorzième siècle, i la biUioUièqoe de Sainte^ Geneviève, classé s<»us la lettre L. f. 2, In-folio. Elle nous a été indiquée par M. Thory, soas-con* >enraieor de la BibUotbèqoc da roi, qui noos a foami plusieurs oiaieriaux importants pour douy Hutfoirt des Croisades.

’ La gè(^ra|diie d’Êdrizl ne nous était jusqu’ici connue que par Patiréttc publié à Home en aratic, et iradait plus tard en latin par Galirid Siuuiu. M. Hcinaud a découvert parmi les manuscrits arabes de ta Bililiutbèqac du roi. qu’il met eu ce moment en ordre, ou ouvrage qui parait être I# itjilé entier d'Edrizi. et M. AmWée Jaulierl en préparé une iradurilon française.

* U géographie d’AbooIféda n'est que le précis des connaissances qu’on avait rcrueillies de sou temps; mais ce précis est niotLOdlquc et en général complet. Pour les ouvra;:e5 de géographie de Makri<i, Ils se bornent â l’Eftyple, ï U Nubie et à quelques contrées voisines; inaia Pauteur cite lent au long les divers (tassages d’écrivains plus anciens et de voyageurs de son tem|^ qui se rap* puriaicnt k «on sujet.

des Arabes leur persuada que le inonde leur appartenait D'après cela, on ne doit pas trop s’étonner qu’ils aient cherché à connaître les régions lointaines que Mahomet promettait à leurs armes. L'histoire nous les montre, dans le 'septième et dans le huitième siècle, envahissant r.\sie et l’Afrique , parcourant les plus riches contrées de l’Europe. Ils connurent les pays qu’ils avaient conquis et ceux qu’ils voulaient conquérir. .Ainsi la géographie fit des progrès parmi les Orientaux à la suite des victoires de l'islamisme, comme elle en lit plus tard parmi les occidentaux à la suite des croisés et des missionnaires.

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