‹ Histoire des croisadesChapitre 190 sur 213 · LIVRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-DEUXIÈME

et jusqu’aux apparitions miraculeuses dont l’aspect troublait les niusulnians, tout est retracé Gdèleinent, tout s’anime, tout pai-alt vivant sous la phune du chroniqueur italien. La seconde relation est l’ouvrage d’un prêtre de Cologne ' , Olivier Scholastique, qui a peut-être moins de vivacité dans ses récits, mais non moins de vérité et de naturel. Après avoir raconté les travaux glorieux et les longs malheurs du siège de Damiette, il nous montre cette ville conquise a que la a guerre, l’épidémie et la famine avaient remplie de funérailles; on a ne voyait que des cadavres dans les maisons, dans les rues et sur « les places publiques. Les morts tuaient les vivants; le fils près de a son père expirant, l’esclave près de sa maîtresse étendue à terre, « périssaient de faiblesse et de langueur; les petits enfants deman- 0 daient du pain, lorsqu’il n’y avait plus personne pour leur en « donner. »

Olivier Scholastique fut un des prédicateurs les plus renommés de la sixième croisade, et, pendant le siège de Damiette, il construisit des machines qui firent l’admiration des guerriers chrétiens; mais il parle do lui-même avec tant de réserve et de modestie, que son nom est resté presque inconnu à la postérité, et que son histoire a été attribuée à Jacques de Vitri. Nos recherches nous ont conduit à reconnaître cette injustice, accréditée par l'opinion de quelques savants et le fruit le plus doux de nos travaux est de rendre à un de nos vieux chroniqueurs la gloire qui lui appartient.

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