‹ Histoire des croisadesChapitre 21 sur 213 · LIVRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGTIÈME

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pays qu’avaient habités et possédés les Francs en Asie. Jérusalem vit alors flotter sur scs murailles l’étendard du Croissant , et le fds de Bajazet, à l'exemple d’Omar, profana par sa présence l’église du Saint-Sépulcre. La Palestine ne faisait que changer de domination , et rien n’était changé au sort des chrétiens. Mais, comme l’Europe redoutait plus les Turcs, qui la menaçaient sans cesse, qu’elle ne redoutait les mameluks , auxquels on avait cessé de faire la guerre , la nouvelle qu’on reçut en Occident de la conquête de Sélim, répandit partout la consternation et la douleur. Il semblait à la chrétienté que la ville sainte passât pour la première fois sous le joug des infidèles , et les sentiments du deuil et d’effroi qu’éprouvèrent alors les chrétiens durent réveiller dans les esprits la pensée de délivrer le tombeau de Jésus-Christ.

On doit ajouter que les dernières victoires de Sélim achevaient de renverser en Orient toutes les puissances rivales des Turcs, et qu'en accroissant d’une manière effrayante les forces ottomanes, elles ne lui laissaient plus d’autres ennemis à combattre que les peuples de l'Occident.

Léon X s’occupa sérieusement des dangers qui menaçaient la chrétienté , et résolut d’armer les principales puissances de l’Europe contre les Turcs. Le souverain pontife annonça son projet au collège des cardinaux '. Les prélats les plus distingués par leur savoir et leur habileté dans les négociations furent envoyés en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, avec la mission d’apaiser toutes les querelles qui divisaient les princes, et de former une puissante ligue contre les ennemis de la république chrétienne. Léon X , qui se déclarait d’avance le chef de cette ligue sainte, proclama une trêve de cinq ans entre tous les États de l'Europe, et menaça de l’excommunication ceux qui troubleraient la paix.

Tandis que le pape portait ainsi toute son attention sur les prépa- *

* Voici les résolutions qui forent prises dons ce eoUéfiet

Les rois des po>s menacés deTsieui fournir la plus grande partie de l'argent ; les ecclesiastiques (ia)er le dixième de leur revenu, les laïcs nobles aassi le dixième, les roturiers le Tiogtieiuc, les ariisans une part proportionnée è leur gain journalier. Dca indaigences forent accordées è ceux qui feraient des dons en argciii*

L’empereur devait fournir soixante mille bommes de pied, deux mille de cavalerie légère, quatre mille de grosse cavalerie ; le roi de France, cinquante mille bommes de pied, quatre mille de grosse «’avalerie, boit mille do cavalerie légère; Eatmanacl, roi de Portugal, devait, avec une floue de trois cents vaisseaux, attaquer ConsianUiiople , ou la Sjrle, ou l’Égjptc (Rapaldi, ad ann. ISI7, na U ).

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