LIVRE VINGTIÈME
de l’Europe et de l’Église. Toute ectte chevalerie chrétienne fut un modèle d’héroïsme, et rappela les vertus belliqueuses des premiers croisés.
Tandis que les Turcs étaient attaqués en Hongrie par l’élite des soldats de l’Allemagne et des autres pays de la chrétienté, les Polonais et les Moscovites portaient la terreur sur les rives du Pruth et dans la Crimée. Venise, que le pape avait exhortée à prendre les armes contre les infidèles, déclara la guerre aux Ottomans. Les vaisseaux du chef de l’Église et la flotte de la république parcoururent en triomphe les mers de la Grèce cl de l’Archipel. On vit flotter l’étendard de saint Pierre et celui de saint Marc sur les rempartsde Coron, de Navarin, de Patras, de Napoli de Itoma'nie, de Corinthe, d’Aihènes, etc.; les Turcs perdirent presque toute la Morée et plusieui's lies; leurs armées furent partout vaincues et dispersées. Deux visirs , un grand nombre de pachas, payèrent de leur tète les défaites de l'islamisme. Mahomet IV, accusé par le peuple, par l'armée et par fuléma, fut précipité du trône au bruit de ces grands désastres, qu’on attribuait à la colère du ciel et qui portèrent le désordre et le trouble dans tout l’Empire. Après seize années de combats malheureux et de révolutions dans le sérail, les Ottomans, quoiqu’ils fussent favorisés par la guerre que la France avait déclarée à l’empire germanique, se trouvèrent enfin réduits à solliciter la paix ' sans avoir vaincu leurs ennemis, ce qui blessait à la fois l'orgueil national et les maximes du Coran. I>e fameux traité de Carlowitz atteste les pertes qu'avait faites la nation turque et l'incontestable supériorité des États chrétiens. La décadence de la Turquie, comme puissance maritime, avait commencé à la bataille de Lépante; sa décadence, comme puissance militaire et conquérante , fut marquée par la défaite de Vienne. Les Grecs auraient pu alors échapper nu joug ottoman; mais ils avaient consené leurs préventions ou leur antipathie contre les Latins -, et
« >lcioirc de Muhars, et. i soo retoar à Vienne, remperear le 6t serpent de baiaitlc... En I6S8, la
• rcvoluiioti d’AnpIdcrrc arriva, et dans ce cercle üc lualbeors ctui cnvironaèreni te roi tout à coup,
• le duc de l(crv\kk fut chargé des alTalres qui tlcnjambicnl la plus grande courtanre... •
Voici ce qu’on lit dans les Mémoires du maroclial de Iterwick. écrits par lat>inéme : • La brèriiü « ayant été faite à la preiuiêre enceinte (au siège de Bude en Id86). nn y donna l’assaut... On fut
• biemdi repoossé : on y perdit peu de soldats, mais nombre de fotoniai/ ft y firent ixs ta àles-
• ses. Le duc de Veyar, grand d'Espagne, fut du DU'iibre des premiers. •
' La victoire de Zanto, rcmporice par le prii'cc Eugène en 1690, mit les Turcs hors d'éut de coQtiQucr la guerre.
^ Venise ne resta maîtresse d’une partie de U .Morée que ]>cndaDt une qaiaciine d’aMUés. Let Turcs proQiéreni de U division qui s’éutt élevée dani U cliréiieuté et de la guet re qu'une partie de
Venise ne fit rien pour que sa domination parût plus supportable que celle (les Turcs. L’histoire a deux choses à faire remarquer dans les négociations et dans le traité de Carlowilz : la Hongrie, qui pendant deux siècles avait résisté à toutes les forces de l’empire ottoman et dont le territoire était comme les Therinopylcs de la chrétienté, aflaihlie enfin par les discordes civiles, par les gueiTcs étrangères, à la fois en hutte aux empereurs d’Allemagne et aux sultans do Constantinople, perdit alors son indépendance et fut réunie aux possessions de la maison d’Autriche. Parmi les États et les princes qui signèrent le traité on vit paraître les czars de la Moscovie, puissance nouvelle qu’on n’avait point aperçue jusque-là dans la lutte des chrétiens contre les infidèles et qui devait porter plus tard les coups les plus terribles à l’empire ottoman.
Nous avons montré l’origine et les progrès des Turcs ; il ne nous reste plus maintenant qu’à parler des causes de leur décadence.
Les Turcs n’étaient constitués que pour combattre des peuples barbares comme eux, ou des peuples dégénérés comme les Grecs. Lorsfju’ils rencontrèrent des nations (pii n’étaient point corrompues lit qui ne manquaient ni de bravoure , ni de patriotisme, ils furent obligés do s’arrètin’. Chose digne de remai’que, ils ne purent jamais entamer les peuples de l’Église latine; la seule nation qui se trouvât séparée de la chrétienté par les conquêtes des Turcs, ce fut celle qui s’(;n était séparée elle-même par ses croyances. Lorsque les Ottomans ne purent plus rien envahir, toutes les passions qui les avaient ix)ussés à la complète ne servirent plus qu’à ébranler leur empire, destinée ordinaire des peuples conquérants.
Une des premières causes qui affaiblirent la puissance militau’e des ’l iircs, ce furent les guerres qu’ils poursuivaient à la fois contre l’Europe clu’étienne et contre la Perse. Les efforts qu’ils firent contre les Persans les détournèrent de leurs expéditions contre les chrétiens ; et leurs expéditions contre les chrétiens nuisirent au succès de leurs guerres en Asie. Dans ces deux sortes de guerres , ils avaient une manière de combattre toute différente. Après avoir combattu quelque temps les guerriers de l’Oxus et du Caucase , ils se trouvaient inhabiles à faire la guerre en Europe. Ils ne purent jamais triompher ni des Persans, ni des nations chrétiennes, et restèrent h la fin pressés
l’Europe faisait à Louis XIV, pour rentrer dans leurs ancienues conquêtes. Les Oltomains lrou.yèreQt noiuà dans les Grecs des auxiliaires que des eouemis.