LIVRE VINGTIÈME
et leur donnait tous les secours nécessaires pour leur pèlerinage. Par une espèce de miracle sans cesse renaissant, les monuments sacrés de la religion chrétienne longtemps défendus par Ic.s années de l’Europe, n’ayant plus pour défense que les sonveuirs religieux, se consen aient au milieu des barbares sectateurs de rislamisme. Lit sécurité qui régnait dans la ville de Jérusalem fit qu’on songea moins à sa délivrance. Ce qui avait suscité l’esprit des croisades dans le onzième siècle, c’était surtout la persécution dirigée contre les pèlerins et l’état misérable dans lequel gémissaient les chrétiens d’Orient. Lorsqu’ils cessèrent d’étre persécutés et qu’ils eurent moins de misères à souffrir, des récits lamentables ne réveillèrent plus ni la pitié ni l’indignation des peuples de l’Occident, et la chrétienté se contenta d’adresser à Dieu des prières pour le maintien de la paix dans les lieux qu’il avait sanctifiés par ses miracles. Il y avait alors un esprit* de résignation qui remplaçait l’enthousiasme des croisades ; la cité de David et de Godefroy se confondait dans la pensée des chrétiens avec la Jérusalem céleste, et , comme les orateurs sacrés disaient qu’i/ fallait passer par le ciel pour arriver au territoire de Sion , on ne dut plus s’adresser à la bravoure des guerriers, mais à la dévotion et à la charité des fidèles.
Dans les considérations générales qu’on pourra lire dans ce dernier volume, on verra quelle fut l'influence de croisades sur la civilisation de l’Occident) nos lecteurs peuvent voir dès à présent quels furent les résultats de ces guerres lointaines pour l’Orient et pour la terre sainte.
' Cet esprit de^lgmtkin se trouve exprimé d*aoe manière bicu sioipilière daos on extrait des tnanoscrits de la Bibliotbèqac de Dcroe :
De la etnue U9 Sarratins pcsetdent la terre saincte*
Frère Viacent, en au sermon qa'ü 0l et qui avoit puar texte, Ecce atceaiimua Jlieroaolfwtam, en assigne trois raisons :
• La prmière, est à Vexcusation det chreeliens; la tcconde est peur la confusion des
• Sarrasins, et la tierce est pour la confersion des juifs. Quant à la première raison, nous
• devrons sçauoir qu’U n’est ckrestien tant sainct qu’il ne peche ou ail péché, excepté Jésus et sa m mere. la glorieuse Vierge Marie, et Dieu ne veutl pas que les chresliens pcchent en la terre eu « laquelle JesuS‘Ckrist son fils souffrit passion pour les peekés des hommes, et reputeroit ce à
• grand injure. Il n’est pas ainsi injurié des Sarrasins, car ils sont chiens. Il deplairoil moult au « rog si ses en fans ou cheualiers pissoknt en sa chambre; mais quand vu chien y pisse, il n’en « tient compte. > (Voyez Catalogui codkum M.SS. Bibiiotheeœ Bernenois, etc., U I, p. 70. )
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