LIVRE VINGTIÈME
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et dont ils faisaient présent aux princes chrétiens en témoignage de leur estime et de leur affection. On voit par ces prévenances du pontife combien était éloigné le temps où les chefs de l’Église ne patv laient aux monarques qu’au nom d’un ciel irrité, et ne les exhortaient à prendre la croix qu’en leur reprochant leurs fautes, qu’en leur recommandant de les expier par la guerre sainte. Les papes, en prêchant la croisade, n’étaient plus les interprètes des opinions dominantes; leurs invitations n’étaiciit plus des lois, et les princes usaient amplement de la faculté qu’ils avaient de ne point obéir. Charles VII, qui avait toujours à redouter les entreprises des Anglais, résista aux instances réitérées deCalixte '. En vain le dauphin, qui régna dans la suite sous le nom de Louis XI ’, retiré alors à la cour de Bourgogne, se déclara ouvertement pour la croisade et voulut se faire un parti dans le royaume en prenant la croix : la France resta étrangère à la guerre préchée contre les infidèles, et Charles se contenta de permettre la levée des décimes dans ses États, à la condition expresse qu’il en surveillerait l’emploi.
Tandis que le pape implorait les secours de la chrétienté pour les Hongrois, la Hongrie était remplie de troubles occasionnés par la succession de Ladislas, tué à la bataille de Varna. Calixte employa l’autorité paternelle du saint-siége pour apaiser les fureure de la discorde et pour protéger Mathias Corvin longtemps retenu dans les fers, enfin proclamé roi d'uu pays que la bravoure de son père avait sauvé. La conduite du pontife parut moins digne d’éloge et surtout moins désintéressée lorsque la succession d'Alphonse, roi de Naples, amena de nouvelles guerres en Italie. L’histoire rapporte que le souverain pontife oublia en celte circonstance les périls de la chrétienté, et qu’il employa les trésors amassés pour la guerre sainte à la défense d’une cause qui n’était point celle de la religion.
Cependant l’infatigable orateur de la croisade, Æiiéas Sylvius, succéda à Calixte III ’ sur la chaire de saint Pierre. La tiare paraissait
I La descente des Anglais dnns le Médnc, le siège de Casiillon en Périgord . la retraite do daa* yhln Louis aoprèe do dac de Bourgogne, la conspiration da doc d’Aiençon, donnaient trop à'otcalailon an roi de France pour i|a’il pût songer a'ors à une croisade.
* Monsirelet, Paol Emile et Gagoin. disent que te dauphin s'aliéna Tesprit <ie son père, parce qu'il voulait condnirc nne armée contre les Turcs, et que ce fut en partie pour cela qu'il se teiira auprès du duc de Bourgogne; mais des motifs plus puissatils, rapportés par Pliiliftpe de Cotises, tels qoe ses projets pour s’emparer du gouvernement, son mariago contracté avec Ctiarioite de Savoie malgré les défenses cipresses du roi. ses préparatifs de guerre, et surtout le pea de succès de toutes ses leiitalives contre son père, déterminèrent le dauphin i prendre la fuite.
* Le pape Calixte 111 soccoœlu ^oos le poids de ta vieillesse et des iuQrmités, le VIH des Ués
être la récompense de son zèle pour la guerre contre les Turcs, et tout faisait espérer qu’il ne négligerait rien pour exécuter lui-même les projets qu’il avait conçus, pour réveiller parmi les peuples de la chrétienté cet enthousiasme guerrier, ce patriotisme religieux , qui respiraient dans tous ses discours.
Mahomet II poursuivait toujours le cours de ses victoires, et sa puissance devenait chaque jour plus redoutable. Il s’occupait alors de dépouiller tous les princes grecs qui avaient échappé à ses premières invasions et dont la faiblesse se cachait sous les titres fastueux d’empereur de Trébisonde, de roi d’Ibérie, de despote de la Morée. Tous ces princes, à qui les actes de soumission ne coûtaient rien pour régner quelques jours de plus ou seulement pour conserver leur vie, s’étaient empressés, peu de temps après la prise de Constantinople, d'envoyer des ambassadeurs au sultan victorieux pour le féliciter de ses triomphes. Satisfait de leur humble soumission, Mahomet ne vit en eux qu’une proie facile îi dévorer et des ennemis qu’il pouvait vaincre h loisir. La plupart de ces princes déshonorèrent les derniers instants d’une domination qui leur échappait, par tout ce que l’ambition, la jalousie et l’esprit de discorde peuvent inspirer de perfidie, de cruautés et de trahison. Lorsque les musulmans pénétrèrent dans les provinces grecques, souillées de tous les crimes de la guerre civile, et qu’ils les réduisirent en servitude, on aurait pu croire que Dieu lui-même les envoyait pour venger ses lois outragées et pour accomplir les menaces de sa justice. Mahomet ne daigna pas même déployer toutes ses forces contre les tjTans pusillanimes qui se disputaient quelques restes de l’empire grec. Il n’eut qu’un mot à dire pour faire tomber du trône Démétrius, despote de la Morée, David, empereur de Trébisonde. Si tout ce qui restait de la famille des Comnène fut massacré par ses ordres, ce farouche conquérant obéit moins en cette occasion aux craintes d’une politique ombrageuse qu’à sa férocité naturelle. Sept ans après la prise de Byzance, il conduisit ses janissaires dans le Péloponèse. A son approche, les princes d’Achaïe prirent la fuite ou devinrent ses esclaves ; ne trouvant presque point de résistance, il recueillit avec dédain les fruits d’une conquête facile.
«la BOIS â’aoAt, uinifersaira do joor aoqoel U mit mis la fête de la Transfi^ontlon an rang des fêles doubles sdeunelles. li était ftgë de qoatre-viagts ans. Plaiina dit qu'il laissa en mourant cent qninze miltc êcos d'or pour faire la gaerre aux Turcs. Saint Antonin dit qu'on en tronva cent ciaqnante mille sont soa cbevet.