‹ Histoire des croisadesChapitre 78 sur 213 · LIVRE VINGT-UNIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-UNIEME

moyens de se procurer des vivres lorsqu’on en manquait, o Vous ôtes a dévoués, disait-il aux chefs de la cinquième croisade, vous êtes « dévoués au service du Crucifié, à qui toute la terre appartient. Si « on vous refusait les provisions nécessaires, il ne paraîtrait pas in- « juste que vous en prissiez partout où vous pourrez en trouver, toutt jours avec la crainte de Dieu, dans l’intention de restituer, et « sans faire violence aux personnes. » Dans le conseil qu’il donnait aux pèlerins, le pontife s'appuyait de l’exemple de Gédéon, qui, ayant demandé inutilement du pain pour le peuple qu'il conduisait, ravagea les terres des villes ennemies et broya une partie des habitants avec les herbes des campagnes et les ronces du désert'. Nous n’avons pas besoin de dire que les croisés étaient natiu'ellement portés à suivre les conseils du pape, et qu'ils ne les attendaient pas pour se procurer les vivres qui leur étaient nécessaires.

Il faut croire que la cupidité ou le besoin de s’enrichir vint quelquefois au secours des pèlerins dans leur misère, et que les prévoyances de l’industrie suppléèrent souvent à celles des rois et des princes. Les chroniques contemporaines, lorsqu’elles décrivent une disette ou une famine, ne manquent jamais de déplorer la cherté excessive des vivres’, ce qui prouve qu’il y avait à la suite des armées des marchands qui vendaient des provisions. Nous trouvons dans une chronique anglaise un règlement publié par Richard sur la vente du vin, du pain et de la viande dans l’armée chrétienne*. Après beaucoup de recherches, nous n’avons pu savoir quels moyens on employait pour préparer le blé et le réduire en farine ; les documents qui nous restent se bornent à nous apprendre que les croisés, eh traversant l’Asie Mineure et sous les murs d’Antioche, avaient des moulins à bras. L’histoire ajoute qu’on employait à tourner ces moulins les femmes musulmanes que le sort de la guerre avait fait tomber aux mains des chrétiens. Gauthier Vinisauf rapporte qu’au siège de Ptolémaïs les Allemands construisirent une machine pour moudre du blé. Cette machine, qui présentait l’aspect d’un château fort, était mise en mouvement par des chevaux ; les meules tournaient avec un si grand bruit, que les musulmans prirent cette construction nouvelle pour une machine de guerre et qu’ils furent saisis d’effroi.

■ Lettres d'IniiMCit lit, CoU. de Doebesne {BMMkiqtt du CnUaiet ).

• Todebode, Bsodrl, RaTmond d'Afiles ( BiUitlMiue da Crwwdei).

■ Brooptoa, Call. des cbroniqMS anf taises [BiUittkèpu dtt Cnisadn).

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