‹ Histoire des croisadesChapitre 79 sur 213 · SS · texte numérisé non relu

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Lorsqu'on abandonna la route de terre et qu’on prit celle de mer, il devint moins dillicilc d’approvisionner les armées chrétiennes. Néanmoins la disette désolait encore la multitude des croisés toutes les fois qu’on était arrêté par le siège d’une ville ou par la résistance inattendue de l’ennemi. Pendant le siège d’Acre, les chrétiens éprouvèrent une famine si cruelle, qu’on vit des chevaliers poussés par la faim voler publiquement du pain chez les marchands '. Une chronique rapporte que Louis IX avait fait transporter dans l’tlc de Chypre assez de vivres pour nourrir vingt mille hommes pendant six ans*; mais, lorsque l’armée française sortit de Damiette, il ne restait plus rien do tant de provisions ; et parmi les fléaux qui accablèrent les croisés sur les bords du Thanis, la disette ne fut pas celui dont ils eurent le moins à souffrir. La seule croisade où les cris de la faim ne se mêlèrent point au bruit des combats et aux hymnes de la victoire, fut celle de Constantinople. l.es Vénitiens s’étaient engagés à approvisionner pour un an l’armée des croisés; le traité fut exécuté lidèlement, et les vivres ne manquèrent point.

Sanuto a donné les détails les plus minutieux sur l’appiovisionnement des flottes qui transportaient les pèlerins en Orient. Il calcule les dépenses qu’occasionnait la founiiturc des vivres, pour dix, pour cent, pour mille et pour cent mille soldats de la croix. Il indique les provisions dont on devait se pourvoir ; il dit à quel prix il fallait acheter les vivres et comment il fallait les distribuer. Ainsi la sage prévoyance donnait d'utiles conseils ; mais ces conseils furent rarement suivis, et la disette exerçait presque toujours de grands ravages parmi les croisés. Il mourut beaucoup plus de pèlerins par la famine que par le glaive ; atissi nos pieux chroniqueurs cherchaient-ils à se persuader que ceux qui mouraient de faim étaient aussi des martyrs et qu’ils devaient être admis dans le ciel à se nourrir du pain des anges *. Lorsqu’on voit les moyens qu’on avait pour entreprendre et poursuivre des expéditions lointaines comme celles de l’Orient, et qu’on les compare aux ressources déployées aujourd’hui pour la guerre la plus ordinaire, on sent bien davantage ce qu’il y avait de courage et de résignation dans les générations qui ont fait les croisades. Il faut

' lUco n>st pla5 cnrlnx qne le rfdt (ait par Gaothier Vioisaut de la tamliie des croisés ao sk|e de Ptolémaïs {BiHMhtgu du Crtittifi).

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» LabM Cniberl, CoU. de BoBjati des CreOndM).

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