‹ Histoire des croisadesChapitre 84 sur 213 · LIVRE VINGT-ÜNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-ÜNIÈME

sait d’uno S3rmpbonie belliqueuse*. Pendant que les croisés s'avançaient vers Ascalon, dit le moine Robert, le son retentissant des clairons, des sistres et des trompettes, animait les soldats de la croix, et, répété par les éebos lointains, portait l’épouvante dans les camps ennemis. Nous lisons dans Albert d’Aix qu’après une expédition sur les bords de la mer, les guerriers ebrétiens, revenant à Jérusalem et traversant les montagnes de la Judée, firent tout à coup retentir en signe de victoire les cornets, les clairons et les tambours; les animaux sauvages , effrayés du bruit , fuyaient de toutes parts , et les oiseaux <lu ciel, arrêtés dans leur vol, tombaient d’ciiroi au milieu des bataillons chrétiens^. Marin Sanulo, dans son projet des croisades présenté au pape , demandait qu’il y eût dans l’armée destinée à combattre les infidèles des flûtes, des trompettes, des vielles et des clairons, afin qu’une harmonie tantôt douce, tantôt belliqueuse, pût tour à tour charmer les pèlerins , enflammer leur courage et porter l’épouvante dans les rangs ennemis ’.

Toutes les nations de l’Europe avaient adopté des cris de guerre dans les combats. Celui des premiers croisés, celui qui retentit au concile de Clermont, était Dieu le veut, Deus lo vult ( Dieix io volt ). On y ajouta ensuite le cri de Dieu aide ou Dieu aix, qui se trouve mentionné dans presque toutes les chroniques du temps. Outre ce cri général , cha(|iie nation avait le sien comme elle avait sa bannière et son drapeau. Raoul do Caen rapporte qu’à la bataille de Doryléc le duc Robert fondit sur les musulmans, en criant : A moi, Normandie ! Les Provençaux, selon Raymond d’Agiles, répétaient le nom de Totilouse dans leur marche à travers la Macédoine. Le cri de guerre changea dans toutes les expéditions d’Oriont. Richard Cœur-de-Lion, à la bataille d’Arsur, criait : Dieu aide son sépulcre*'. Les croisés vainqueurs de Constantinople s’avançaient contre les Grecs aux cris de Flandre et de Monlferrat Ce fut aux cris de Montjoie Saint- Denis, que les compagnons de Louis IX abordèrent sur les côtes d’Égypte". Au dernier assaut de Damiette, assiégée par Jean de Brienne, les guerrière chrétiens qui parvinrent les premiers sur le

' L’aoonjfluede Mahillon {Bihlioihèqitt det Crolmdes),

’ llbcrl d'Au, Coll, de Dm^Ars {Hiblit^hèque dtâ Croitadet).

* Haymood d'Agile.«. Baodri, Kaoul de Caen, Tudebode, CU. {BikUùlhè^ du CrMûdu )•

* Gaulhier Yininauf ( BiUiolkèque des Croisades).

^ Le trouliadour Rambaod de Veiqoeiras.

* ioiavillc.

rempart se mirent à crier, Kijrie eleison , et l’année répondit, Gloria in exedsis'. Le cri des rois de Jénisalein était : Au Christ victorieux/ Au règne du Christ''. Nous avons vu d.ans l’iiistoire que les noms de saint George, de saint Démétrius et de saint Mercure funint souvent invoqués dans les batailles’. Les cris militaires les plus chers aux pèlerins, exilés de leur patrie, étaient sans doute les noms des provinces ou des royaumes qu’ils avaient quittés pour la cause de Jésus-Christ. Les mots France, Autriche, Angleterre , Allemagne , durent animer plus d’une fois la valeur des Francs dans les plaines de l’Asie et servir à rallier les soldats de lA croix sur les bords de l'Oroiite, du Nil et du Jourdain.

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