CHAPITRE XII
COXTIXCATION DU MÈSIE SUJET.
’est dans leur marche il travers des contrées inconnues que les croisés avaient le plus de dangers à courir, de mistîres ii supporter. On avait coutume de placer au milieu de l’armée les bagages et la foule des pèlerins sans armes ; mais cet ordre ne (jouvait être suivi longtemps dans des armées ]>oursuivies par la faim, dans une multitude que nos vieilles chroniques comparent à un faisceau sans liens, à du sable sans chaux. Chaque soir les pèlerins dressaient leurs tentes sans savoir où ils étaient; le lendemain ils décampaient, n’ayaqt d’autre guide que l’aspect du firmament. Une armée avait rarement des éclaireurs i>our connaître l’ennemi et les contrées qu’elle traversait; aussi des légions innombrables étaient-elles souvent vaincues au premier choc , et la plus légère défaite fut (piciquefois le signal d’une déroute ou d'une destruction générale. qui nuisit le plus aux armées chrétiennes, c'est que dans leur marche les différents corps qui les ( omposaient restaient souvent séparés les uns des autres , et que les
' Mémorijl des [XHleitiais de Reggio, Coll, drs chroolqaes Maliennes {Bihliotk. det Croinidet).
* Guillaume ilo Tjr, Coll, de Ojiig.irs [Itilt/iolhi/He des Cro/saJu}»
* UaymoDd d'.\|ilcs, Robert le Moine, etc. {BiWo/k^fiie d<t Croisades],