‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 10 sur 323 · Feralia · texte numérisé non relu

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festin dont on ne puisse dire la même chose, le vin et le pain figurant nécessairement dans chacun d'eux.

Ce désir d'identifier le plus possible le paganisme à la religion chrétienne, grâce à des assimilations factices, se montre dans la nouvelle école avec une extrême intensité. Pour ces auteurs, toute lustration ou ablution est « un baptême » ; une cérémonie cultuelle est appelée « sacrement », et « consécration » la propitiation admise dans le paganisme moderne. Le brûle-parfum devient « un encensoir », le livre religieux, une « Bible », et l'édicule qui supporte la statue des dieux « un tabernacle ou un ostensoir » ; les Esprits favorables sont couramment appelés « anges » et les sectateurs « apôtres »; l'avatar de la divinité orientale est qualifié « incarnation » ; et une solennité religieuse quelconque est décorée du nom de « messe bouddhique » !

Puis, après avoir importé dans les sectes non chrétiennes les appellations propres à la liturgie catholique, les écrivains positivistes ne manquent pas de faire remarquer que les pratiques sacrées de tel ou tel peuple remontent à la plus haute antiquité1; et alors, abusés par la fausse qualification complaisamment donnée à l'objet ou à la pratique païenne, bien des lecteurs peu instruits en arrivent à se demander si le Christianisme ne serait pas une imitation servile des cultes de l'antiquité !

L'engageante tentation de faire d'ingénieux rapprochements devient si générale que beaucoup de croyants, et même plus d'un ecclésiastique, tombent dans cette erreur, sans se rendre compte qu'ils font ainsi le jeu de l'impiété contemporaine. Ajoutons qu'au point de vue scientifique pur, le procédé a pour conséquence d'abolir l'originalité des études et de diffuser de très fausses appréciations.

La plus populaire des fêtes chez les Musulmans de l'Asie centrale, et notamment chez les Persans, est celle du Cha-

1. Rappelons que les religions de l'Inde ont pu emprunter au Christianisme des idées et même des fragments de liturgie, puisque saint Thomas y a porté la foi chrétienne dès le Ier siècle, et que au IIe siècle, saint Pantène, chef de l'École d'Alexandrie, étant allé prêcher dans les Indes y trouva, encore conservé par les (( chrétiens de saint Thomas », l'évangile de saint Matthieu.

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; elle consiste à promener dans les pues dos grandes villes, an son d'une musique discordante, un jeune chameau orné de clochettes, et suivi d'une foule de badauds qui se battent pour enlever dos lianes de l'animal une pincée de poils qu'ils conserveront soigneusement. Avant de le mettre à mort, on le conduit devant une mosquée où on le purifie; puis il est assommé, saigné, et coupé en menus morceaux qui sont distribués aux assistants.

Cette manifestation, d'un caractère tout religieux, a été constituée, dit le Koran, pour honorer le sacrifice d'Abraham, car la Légende arabe prétend que ce fut un chameau et non un bélier que le patriarche égorgea, à la place de son fds Isaac. L'équivoque a lieu d'étonner, puisque l'Ecriture rapporte que l'animal était retenu par les cornes dans un buisson.

Les Musulmans choisissent de préférence un chameau blanc, parmi ceux qui ont fait un voyage à la xMecque, parce qu'ils croient que le patriarche a égorgé une bète de cette sorte; et aussi parce que celui que montait Mahomet était de cette couleur.

Au quatrième jour de la lune de juin, certains Persans se réunissent dans les mosquées, pour des séances sacrées où ils font preuve d'un fanatisme des plus exaltés. La cérémonie du Chagsé- Vagsé, à Allah- Verdi, dans le Caucase russe, est une réminiscence du passé2. En présence des mollas ou prêtres, les Persans se frappent la poitrine pendant plusieurs heures jusqu'à ce que leur sang jaillisse, puis se flagellent avec des chaînes. Quand ils sont au paroxysme de l'exaltation nerveuse, on leur fait prendre une boulette de haschisch, puis on les revêt de longues chemises blanches et on leur remet à chacun un kinjal, sorte de grand coutelas très effilé. Au son d'un tambour et de deux cymbales, ils tournent en hurlant, jusqu'à ce que, insensibles, ils imitent le supplice de leurs héros et se frappent le crâne avec le kinjal; pour arrêter le sang qui ruisselle, on leur couvre la tète d'un morceau de toile. Il n'est pas rare qu'on fasse des incisions au front d'enfants de huit à dix mois, et parfois ces pauvres petits êtres payent de leur vie le fanatisme de leurs parents.

1. Le chameau, si utile pour rapprocher les peuples ce séparés par des océans de sable », est appelé par les Orientaux : le navire du <

2. Bev. lieb. 31 juillet 1*07. C'est en souvenir de la moit de Hassan et de Ussein.

Le Jour d'assemblée (El Goumah) des musulmans, est le vendredi. Les anniversaires qu'ils célèbrent correspondent à autant de dates religieuses, telles que la clôture du Ramadan, la naissance du Prophète...

Les anciens Mexicains, comme le remarquent Iïerrera et bien d'autres après lui, admettaient un Dieu suprême, objet principal de leurs croyances, et pensaient que la terre était gouvernée par « des lieutenants de l'Esprit supérieur ».

Le nombre des divinités tutélaires qu'on célébrait, dit l'historien de la Conquête du Mexique, était égal, en quelque sorte, à celui des actes usuels auxquels le peuple pouvait quotidiennement se livrer. De toutes les idoles adorées dans les fêtes mexicaines, la plus appréciée était une statue étrange, moulée au moyen d'une pâte, faite de toutes les semences servant à la nourriture de l'homme, et pétrie dans le sang d'enfants, dont le cœur avait été offert au dieu de la guerre, le farouche Vitzliputzli.

Les pratiques usitées étaient des plus sauvages. A un endroit du temple s'élevait une pierre, haute d'environ cinq pieds et taillée en dos d'âne : on y couchait le captif qui devait servir de victime, on lui liait solidement les membres aux extrémités, puis le sacrificateur lui ouvrait la poitrine, afin d'en arracher le cœur. L'opération était faite au moyen d'un petit couteau très effilé, spécialement destiné à cet abominable emploi.

En temps de paix, les Mexicains s'adressaient surtout au dieu de la pénitence et du pardon Tescatilputza. Cette idole, peinte en noir, était couronnée de plumes sauvages; ses cheveux tressés avec un cordon d'or laissaient voir une oreille évasée et un peu enfumée, cette sorte de souillure passant pour être « la trace laissée dans l'oreille du dieu, par le passage des prières des pécheurs » ; dans sa main droite étaient quatre flèches, pour faire comprendre que la vengeance du ciel menace les méchants; et dans sa main gauche se trouvait un miroir d'or poli, signifiant que l'idole voyait se refléter sous ses yeux tout ce qui se passait dans l'univers. Un tuyau de cristal traversait la lèvre inférieure pour indiquer sans doute la vérité de ses oracles prétendus.

L'idée de se réunir dans le but de se purifier et de se rendre

FÊTES RELIGIEUSES DES PEUPLES non CHRETIENS. 23

plus digne de la divinité, correspond à une l'orme du culte, comparable à L'holocauste lui-même. Tel était le sons de la lustration générale appelée Citu, chez les anciens Péruviens. On s'y préparait par un jeûne austère de vingt-quatre heures, afin d'ôter tout ensemble les souillures de l'Ame et celles du corps. Pendant la nuit, on pétrissait des pains de cancu, dans lesquels on mettait des gouttelettes de sang tirées de légères incisions faites aux sourcils, aux narines et aux oreilles d'un enfant nouveau-né, emblème d'innocence. A l'aube, chacun se frottait la tête et le corps avec cette pàtc, et le chef de famille fixait un morceau de ce pain à la porte de sa maison, comme signe protecteur.

Retracer dans leur origine et leurs modifications successives les {'ète> de toutes les races ou sociétés, serait prétendre raconter la religion et les mœurs de l'humanité entière.

Force nous est donc de nous borner.

Toutefois, des exemples que nous avons pris entre mille, dans l'histoire des non-chrétiens, il résulte jusqu'à l'évidence que c'est d'abord et avant tout, en vue de célébrer la divinité, soit par des immolations, soit par des cérémonies paisibles, que les peuples se sont assemblés dans les temples ou sur les places publiques, et ont suspendu d'une manière périodique le fonctionnement normal de leur vie quotidienne.

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