Congrès de l'Assoc. Améric
pos de L'incinération chez les Indiens : « Le cadavre fut apporté du village el déposé dans une cavité remplie de bûches de bois bien sec. Les parents avaient la figure enduite de peinture noire. On couvrit le corps de quelques petits fagots et de vêtements qui lui avaient appartenu de son vivant, puis on alluma le bûcher. Au bout d'un certain temps, un vieillard s'approcha, muni d'un long bâton pointu avec lequel il enleva les yeux du mort; il les présenta alors au soleil en répétant une prière. On ajouta ensuite de nouveaux fagots et on maintint le feu en activité durant trois ou quatre heures. Dès qu'il fut éteint, on éparpilla les tisons, afin de recueillir les ossements à demi brûlés qu'on déposa dans un vase de terre cuite. »
Jusqu'à l'arrivée des Espagnols et même encore longtemps après, les Indiens du Pérou rompaient l'épine dorsale des malades incurables, pour hâter leur délivrance. Aucune idée de réprobation ne s'attachait à ces pratiques, même de la part de ceux qui en étaient victimes.
Signalons à titre de curiosité scientifique un nouveau mode d'incinération imaginé en Amérique. Ce procédé, qui dépasse de beaucoup en rapidité tout ce qui a été inventé jusqu'ici, aurait été employé récemment près de Philadelphie. Le corps, enroulé dans un suaire d'amiante, est placé sur une table en briques réfractaires. A la tête et aux pieds, on dispose deux plaques de cuivre qui constituent les deux pôles électriques d'une puissante dynamo. On fait alors circuler le courant à travers le corps, qui joue en quelque sorte un rôle comparable à celui d'un charbon incandescent dans une lampe électrique. La carbonisation s'opère d'autant plus facilement que l'air ambiant, qui baigne librement le cadavre , favorise le phénomène de la combustion. Avec pareille invention on n'aurait plus à discuter sur la persistance de la vie chez le supplicié, qui serait rapidement volatilisé en quelque sorte. . . Tout cela n'est-il pas d'un réalisme offusquant?
Dès que nait un enfant en Patagonie, il s'agit, pour le père et la mère, de décider si la vie doit lui être laissée1. Malheur au petit être chétif! Les parents le font mourir, et abandonnent son corps aux chiens errants ou aux oiseaux de proie.