‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 110 sur 323 · M. de Mortillet · texte numérisé non relu

M. de Mortillet

2. li. Arcelin secrétaire perpétuel de l'Académie de Mâcon (Cong. scient, 1891, p. 58 I- 6 ■

lue autre école positiviste concède que l'homme est bien un être spécial; toutefois elle suppose que le spiritualisme n'est qu'un fétichisme transformé.

A ceux qui admettent par hypothèse un culte fétichiste aux premiers âges, un spécialiste répond que c'est « prendre pour point de départ ce qu'il faudrait démontrer; » et que le fétichisme, qui n'est qu'une superstition, est très différent de la religion i : Wilson, le savant hiérographe, M. Gladstone et bien d'autres encore donnent exactement les mêmes conclusions. En un mot, selon l'expression de M. Max Millier que nous citerons encore, malgré ses variations : « Le fétichisme est un parasite qui a poussé sur la religion; mais il n'a jamais été le premier fruit du cœur humain. »

En général on s'imagine, en effet, qu'à l'état inférieur de la civilisation devait, de toute évidence, correspondre l'enfance des croyances. Or cela n'est point exact : certains peuples, nous en avons donné des preuves, ont des idées religieuses d'ordre élevé, bien qu'ils soient étrangers à toute culture intellectuelle2.

Inversement, les Grecs se distinguaient par une littérature et des arts raffinés, et cependant il est constant que la religion des Juifs avait une tout autre grandeur que la leur.

De même le rapport que l'on suppose exister entre le développement industriel et les idées d'un peuple, n'a rien de proportionnel non plus... Ainsi choisissons, à titre d'exemple, les sauvages Fuégiens que l'on a classés presque au niveau de la bête : eh bien, loin que leur langage soit rapproché du cri des animaux, leur vocabulaire présente au contraire une très grande étendue, 20.000 mots environ : « Or, dit M. Max. Millier, les remarquables débris des dialectes des Fuégiens et des Hottentots, nous révèlent

1. Orîff. et dével. de la religion, par Max Miiller. «Au fur et à mesure de mes études, je me suis senti de plus en plus frappé de ce fait, c'est qu'on cherche en vain des traces de fétichisme dans les plus antiques documents religieux qui nous restent, tandis qu'on les voit se multiplier aux époques postérieures. » — V. aussi R. P. Van den Gheyn (Science des Relig.).

2. La fausseté de la thèse d'un état sauvage ■primitif, a été démontrée par M. Max Miiller en s'appuyant sur l'origine du langage, et de son côté Virchow a établi que 1* sauvage est un dégénéré.

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