Odyssée, XXIII, 35 ; VIII
Trois tribunaux différents jugeaient les homicides : le Palladium statuait sur les morts involontaires; le Delphinium sur les homicides volontaires excusables, tels que les cas de légitime défense; enfin l'Aréopage connaissait du crime d'assassinat.
Le droit de légitime défense s'appelait en Grèce « loi de Rhadamante1 ». Le grammairien Apollodore nous raconte à ce propos une singulière vengeance d'Hercule. D'après lui, Hercule, voulant apprendre à jouer de la lyre, était allé à Thèbcs demander à Linos, frère d'Orphée, des leçons de musique. Un jour, impatienté sans doute par les distractions ou les maladresses de son élève, qui montrait plus de dispositions pour les luîtes violentes que pour l'art musical, Linos lui infligea une rigoureuse correction. Enflammé de colère, Hercule saisit sa lyre, et, dit la légende, en frappa si violemment son maître qu'il le tua sur le coup. Poursuivi sous l'accusation de meurtre, il allait être condamné, lorsqu'il eut l'idée d'invoquer la loi de Rhadamante rappelée par Apollodore dans les termes suivants : « Que l'homme qui a puni celui qui l'irritait, soit innocent! » Ce moyen de justification, ou plutôt d'excuse absolutoire, ayant été accueilli par les juges, Hercule fut acquitté.
C'est à Numa Pompilius qu'on attribue la première loi romaine relative à l'homicide; et tandis que la composition était permise pour vol, incendie, ou injure 2, elle n'était point autorisée quand il y avait eu mort d'homme.
En principe, le meurtrier était condamné au dernier supplice3, si toutefois la victime était un homme libre. Quand l'homicide résultait d'une imprudence, il fallait immoler un bélier comme expiation religieuse et sociale, mais il n'y avait point de poursuites : c'était un malheur, non une faute. A partir de Tullus Hostilius, le coupable est pendu à un arbre, après avoir été fustigé en public.
La loi des XII Tables et d'autres encore qualifient de parricide, (le mot est à noter) tout homicide commis sur une personne de