‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 125 sur 323 · Procellum pour porcellum · texte numérisé non relu

Procellum pour porcellum

7. Le texte parle de pourceau îactantem, et non lactentem; il ne s'agit donc pas d'un

veux d'un enfant sans l'autorisation des parents1 », on devait 45 sous à la famille, juste le prix d'un nez coupé. A la différence de l'appendice nasal, la chevelure pouvait repousser... Pourquoi donc cette sévérité?

La raison se trouve dans la grande estime qu'avaient les Francs pour les chevelures longues et abondantes, glorieux ornement des guerriers, alors que les esclaves, eux, étaient rasés ignominieusement.

L'argent de la composition était au besoin fourni par les parents. Comptait-on dans sa famille des individus haineux, batailleurs, vindicatifs? on pouvait craindre d'être un jour ou l'autre forcé de constituer ou de parfaire le prix de la transaction exigée pour une violence commise. Cette solidarité passive qui obligeait la famille du meurtrier à payer pour lui, porte au chapitre lxi de la loi salique, le nom de Chrenecruda2 : elle fut abolie par Childebert II, qui décida que le meurtrier devrait à l'avenir payer seul la composition de son crime3. Toutefois cet usage a persisté jusqu'au XIIIe siècle dans le Hainaut4.

Il existait cependant un moyen de se mettre à l'abri des réclamations, en se retranchant de la famille du coupable et en la reniant devant tous.

Voici la curieuse formule qu'imposait la loi en pareil cas : « Si quelqu'un veut renoncer à sa parenté, qu'il se rende à l'assemblée publique; et que là, en présence du magistrat, il rompe quatre bâtons de saule sur sa tête 5; qu'il les jette ensuite dans le champ de l'assemblée, et qu'il dise : Je me sépare de ma parenté... »

En conséquence de cette renonciation , il n'avait rien à payer aux héritiers de l'assassiné; mais par contre, si dans la suite un de ses parents mourait ou était tué, il ne recevait rien de son

jeune porc allaité, mais d'une truie nourrissant ses petits, ce qui augmente la valeur de l'animal.

1. Si quis puerum crinitum toiunderit sine consilio parentum, aolidls XLV culpabilisjudicetur.

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