‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 140 sur 323 · De civitate Dei, lib. I, cap. XVI · texte numérisé non relu

De civitate Dei, lib. I, cap. XVI

2. Concilium Areîatense. — Concll. Bracarcns. — M. B. de Boismont, Du suie, 24.

justice? La loi salique avait prévu le cas, dans son tilrc LXIX, art. 1 : • Quiconque enlèvera du ^ ihet un homme vivant et le

Laissera s'enfuir, encourra un châtiment qui variera depuis l'amende, jusqu'à la peine capitale1. Et dans les articles suivants, il est même défendu de décrocher un mort- sans l'ordre ou sans la permission du juge3.

En détachant un corps, on risquait donc d'être responsable du crime qui avait l'ait pendre le coupable. L'écho de cette menace de la loi salique s'est continué jusqu'à nous, semblc-t-il. Bien qu'en France il n'y ait plus, à la différence du passé, que des strangulations volontaires, le peuple se dit encore comme au vc siècle : « Ne touchons pas à un pendu sans prévenir auparavant la justice. » C'est là sans doute un des plus singuliers exemples de la persistance des traditions; d'autant plus que la superstition ayant attribué à la corde de pendu la vertu des talismans les plus précieux, les gens du peuple devraient désirer profiter de l'occasion pour s'en procurer.

Du vc au xue siècle, alors que l'Église règne en souveraine sur les âmes aussi bien que sur les corps, le suicide parait avoir à peu près complètement disparu; on n'en retrouve que de bien rares exemples. Mais avec le xiu° siècle, quand la transformation s'opérant dans les opinions, dans la littérature et dans les arts, fait pressentir la Renaissance, le goût du suicide se réveille comme un souvenir des temps païens. Au xvie siècle la manie de la mort volontaire devient très prononcée. Cette recrudescence correspond au retour des études vers l'antiquité, au relâchement des croyances religieuses et à la liberté d'examen. Enfin, au xvuie siècle, favorisé par le scepticisme qui est en quelque sorte la caractéristique de l'époque, le mal prend d'inquiétantes proportions : on se tue par vanité, par genre, par amour de la réclame.

D'anciens législateurs ont cru devoir édicter des procédures infamantes contre les suicidés.

1. Titre 69 : a De eo qui hominem vivum de furcâ tulerit.» (Isambert, I, et Pardessus,

■tique, texte d'Hérold, p. 261.)

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