‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 149 sur 323 · juin 1838, Cassât · texte numérisé non relu

juin 1838, Cassât

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suicide, il aurait fallu que chacun se détruisit par un acte personnel; tandis que celui qui accepte L'odieuse fonction de donner la mort à autrui est coupable de meurtre, et doit être châtié en

conséquence. On pourrait citer encore d'autres décisions conformes à cette jurisprudence, pleinement justifiée en morale.

Au point de vue médical, il est constant que L'hérédité peut, dans une certaine mesure, prédisposer au suicide. Toutefois il ne faudrait pas donnera ces tendances une importance excessive, ni exagérer l'influence de l'atavisme dans cet ordre d'idées. Sans doute, on a vu des individus se détruire au même Age et de la même manière qu'avait fait leur père; mais est-il certain que ce soient là les conséquences directes et fatales d'une transmission physiologique?

La faute n'en est-elle pas, pour beaucoup, à l'éducation reçue au foyer, au souvenir troublant qui hante l'imagination des enfants de la victime volontaire, et surtout à l'influence du milieu?

Il va sans dire qu'il ne faut pas nier les causes prédisposantes ; pourtant un spécialiste, M. le Dr Paul Morcau, de Tours, estime avec raison que les vraies suggestions du suicide sont avant tout des causes morales, dont il donne la judicieuse énumération suivante : la facilité des plaisirs, les mauvaises lectures, les spectacles scandaleux, l'exemple si contagieux du vice, la vue continuelle du luxe, et l'absence ou l'affaiblissement des principes religieux et moraux.

Il n'est peut-être point d'étude sociale plus instructive, que l'histoire de cet attentat contre la morale, contre la société et contre soi-même, qui s'appelle le suicide : donnons-en quelques preuves frappantes.

Si l'on recherche d'abord quelles sont les opinions religieuses des victimes, on remarque que les catholiques se tuent cent fuis moins que les incrédules; et que les juifs sont ceux qui tiennent le plus à la vie. L'explication est la suivante : la doctrine de l'Église et ses anathèmes à cet égard, sont bien de nature à écarter l'idée d'une pareille faute. Quant aux Juifs, tout le monde sait qu'ils ne sont pas de ceux qui méprisent les biens de ce inonde, et que de plus la misère, cause de près de mille sui-

cicles annuels, rien qu'en France, les atteint rarement. D'après la statistique, c'est le sexe faible qui se détruit le moins, c'est-àdire qui se montre le plus fort contre la douleur. Prenant une période de quinze années, on trouve que sur soixante-dix-neuf mille cas, soixante-trois mille suicidés sont du sexe masculin, et seize mille du sexe féminin. La raison, la voici : la femme garde dans son cœur des principes religieux qui l'arment utilement contre le désespoir suprême.

L'homme n'est que valeureux; la femme, elle, a le vrai courage : celui de la résignation et de la souffrance.

Il est curieux de comparer les genres de mort préférés. La femme s'empoisonne, s'asphyxie et surtout se noie; l'homme se pend plutôt, ou se brûle la cervelle. Relevons quelques chiffres proportionnels quant au mode de trépas recherché par mille hommes et mille femmes suicidés : strangulation : 468 hommes et 311 femmes; — armes : 35 hommes et 28 femmes; — asphyxie : 52 hommes et 133 femmes; — poison : 15 hommes et 37 femmes — submersion : 254 hommes et 423 femmes, etc.. Ces chiffres ne visant que les sortes de mort choisies par un même nombre de suicidés de l'un et l'autre sexe ne contredisent en rien ce fait, c'est-à-dire que, toute porportion gardée, la femme se détruit environ trois fois moins que l'homme.

En Europe, le suicide par empoisonnement a toujours lieu au moyen de toxiques chimiques; mais en Orient, le venin animal est un des moyens les plus pratiqués pour s'inoculer un virus mortel. L'empoisonnement par le venin de vipère a été l'objet d'un mémoire couronné par l'Académie de médecine. L'auteur de l'étude1 constate que le venin détermine d'abord une excitation très prononcée, suivie d'une sorte d'assoupissement qui persiste jusqu'au moment suprême, ce qui le fait rechercher de préférence aux autres toxiques.

De tous les serpents à piqûre mortelle, il n'en est pas de plus terrible que l'espèce Naja ou Cobra2. Ce serpent est plus dangereux même que les crotales, les trigonocéphales du Nouveau Monde, à tel point que les rapports officiels accusent une mor-

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