‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 15 sur 323 · M. Pael, Mœurs et coutumes · texte numérisé non relu

M. Pael, Mœurs et coutumes

PÊTBS POPULAIBES DEPUIS L'ÈRE CHRÉTIENNE. 31

vier, ne prirenl pas d'arrêté pour en interdire la célébration. .Mais en tout cas le peuple — le vrai peuple — se chargea de leur rappeler que Geneviève avait sauvé Paris1.

La veille de la fête, le *2 janvier, dès si\ heures du soir, des fidèles appartenant à tous les quartiers de Paris, d'autres venus des campagnes environnantes et principalement de Nanterre, commencèrent à remplir l'église Saint-Etienne du Mont, où est déposée la chasse de la sainte. Presque tous apportaient des ex-voto. La foule grossi! peu à peu; elle ne tarda pas à devenir si grande ([ne plus de mille personnes ne purent entrer dans l'église, et turent obligées de rester sur la place où, malgré le froid qui était très vif, elles passèrent la soirée. A minuit une grand'messe fut célébrée. La chasse fut descendue de l'autel sur lequel elle reposait; et, pendant toute la journée du 3, des milliers de personnes se succédèrent, s'agenouillant avec ferveur et faisant toucher quelque objet au cercueil de la sainte. Les Révolutions de Paris constatent les faits en ces termes, dans leur numéro du 5 janvier 1793 : « C'est par millions de fois qu'en la fête de sainte Geneviève, chemises, mouchoirs et suaires ont passé sur le cercueil d'or ».

Cependant le 21 novembre 1793, au mépris des sentiments populaires les plus évidents, la Commune décrétait que les restes de sainte Geneviève seraient brûlés en place de Grève « pour expier le crime d'avoir propagé l'erreur ».

Après les solennités du nouvel an et de la « Sainte-Geneviève » vient l'Epiphanie, plus connue sous le nom ùejour des /{ois. En effet, le mot Epiphanie, qui en grec signifie apparition, manifestation, représente pour le monde chrétien le jour où le Christ se révéla aux Gentils en la personne des Mages.

Cette qualification de mages est la seule que l'Évangile donne aux personnages qui vinrent jusqu'à Bethléem de Juda, pour adorer l'Enfant-Dieu. Cependant, comme le verset d'un psaume2 dit que « les rois de Tharsis et des îles offrirent des présents »,

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