V. L'enfant en Chine, par le P. Largent, p
2. Voyage en Chine par les PP. Martin de Herrade et Hiéronynie Marin, en 1577. Traduct. de 1G14.
3. Le Siècle, condamné par la huitième Chambre du Tribunal de la Seine, le 23 décembre 1875.
A tous Les noms que nous avons cités, nous ajouterons celui d'un attaché militaire de Chine à Paris, Le colonel Tchen-ki-tong*.
Il reconnail « que les missions chinoises soutenues par Ja collecte des petits sous, ont fondé des établissements qui rendent de très grands services aux enfants abandonnés ».
« Dans les sentiers boueux el déserts qui longent les murs en terre d'un petit village voisin do Canton, écrit M. le marquis de Beauvoir2, nous voyons à trois pas, dans les herbes abattues par la gelée, un petit panier en nattes, cousu a son orifice : quelque chose semble remuer dedans : la natte souple semble se soulever, puis retomber. Avec un couteau nous entr'ouvrons le tis«>u grossier, et nous trouvons un petit être nu, blême et glacé de froid, âgé peut-être de vingt-quatre heures, qui vagit plaintivement. Au bout d'un instant, d'autres cris lui répondent; ils s'échappent d'un buisson voisin , où un autre enfant se débat aussi contre la mort. Celui-ci a sans doute été jeté par-dessus le mur, car il semble estropié. Sur un espace de cinq cents mètres le long de ce sentier, nous comptons bientôt sept moribonds, âgés de quelques heures seulement! Les uns sont atteints de la lèpre; les autres sont presque entièrement raidis; un d'eux a un coup de couteau dans le côté. Je ne puis dire combien notre cœur se soulève de pitié et de colère à la vue de ces enfants, qui gisent là meurtris ou paralysés. »
Reste une explication à donner sur le choix spécial qui est fait des filles, comme victimes de la cruauté chinoise.
Sans doute en Chine, comme partout, la fille est d'un établissement plus difficile; cependant il y a d'autres causes encore à la destruction particulière des enfants du sexe féminin. En effet, le Chinois, comme les anciens Romains, tient essentiellement à continuer le culte des ancêtres, et c'est le fils seul qui, au foyer, a mission de rendre les honneurs à la mémoire de son père.
De plus, la croyance à la métempsycose favorise ces meurtres, car « le Chinois en éconduisant d'un corps féminin Y âme de sa fille, a l'espoir secret que cette âme errante ira chercher fortune