V. la Mischna. IV, p
6. Livre des Juges, IX, v. 5. — Saint Matthieu, XI v, v. 8. 10.
législateur n'avait pas déterminé un mode spécial d'immolation1.
Quelquefois encore on précipitait les condamnés du haut d'une tour ou d'un rocher (ainsi saint Jacques fut-il jeté de la terrasse du temple, dans la vallée profonde qui s'étendait au pied du monument) ; on les noyait dans la mer; on les étouffait avec des cendres; on les faisait broyer sous les pieds des animaux ou par des traîneaux à battre le grain.
De même que l'étranglement était, en principe, appliqué aux criminels, de même la flagellation était le genre normal de répression des délits. Les juges faisaient attacher à une colonne ou étendre à terre le coupable, qui ne devait pas recevoir plus de 40 coups. Pour ne pas dépasser le chiffre ordonné, l'officier qui présidait à l'exécution arrêtait le bourreau au 39e coup : c'est ainsi que fut traité saint Paul comme on peut le voir dans sa seconde épitre aux Corinthiens (chap. xvn).
Toutefois en cas de cumul de délits, ou de récidive, le nombre de coups pouvait être porté à 79 2.
Si après avoir encouru trois flagellations, un incorrigible commettait une quatrième faute, il risquait d'être placé dans un cachot où on le laissait mourir d'inanition.
Enfin la mort par la scie était généralement réservée aux prisonniers faits à la guerre; pourtant c'est de cette manière qu'Isaïe succomba d'après Tordre du roi Manassès3, à qui le prophète avait reproché son impiété et son inconduite. La scie était encore remplacée par des chariots armés de faux. A tous ces châtiments s'en joignaient d'accessoires, tels que les menottes, les colliers et les entraves de bois ou de fer 4.
Ici se pose un problème intéressant : les Hébreux se servaientils de la croix comme instrument ordinaire de supplice?
D'après M. de Pastoret, on doit admettre la négative; et l'erreur vient, dit-il, de ce que beaucoup de traducteurs ont confondu
1. V. de Pastoret, Hist. de la législation, t. IV, p. 136. — La Mischna, IV, p. 238.
2. Deutéron., XXV, v. 1-3. — Selden, De Synedr., II, 13. § 6. .">. Saint Jérôme sur Isaïe, chap. xv.