Platon, Lois
SUrrLICES CAPITAUX 289
Il y avait encore : le bâton (le coupable était frappé jusqu'à ce cpu4 mort s'ensuivit1), el M abîme y gouffre ou barathre, fosse profonde dans laquelle on jetait les victimes. Miltiade y fut condamné par un décret du peuple; mais la peine fut commuée à la dernière heure2.
Aucune poursuite n'était admise en matière criminelle à moins que la dénonciation ne fût écrite par le délateur; et cette dénonciation était affichée sur un petit tableau. Quand on mettait à prix la tête d'un ennemi de la patrie, un héraut publiait la somme offerte en prime, et l'argent était porté sur l'autel d'une divinité.
La manière d'opiner dans les jugements, en matière pénale, différa selon les époques. D'abord chaque juge prenait un petit caillou comme suffrage, et allait le déposer en silence dans l'une des deux urnes placées en un lieu retiré de l'assemblée : l'une de ces urnes était appelée « l'Urne de mort », et la seconde « l'Urne de la miséricorde ».
Ce moyen de recueillir les votes offrait toutes les garanties de sincérité; mais il déplut aux trente Tyrans, qui, désireux de connaître l'avis des magistrats et d'exercer sur leur conscience une pression politique, décidèrent que dorénavant les juges apporteraient, à la vue de tous, leur vote , c'est-à-dire « leurs cailloux », sur deux tables dites table de vie et table de mort, ce qui permettrait de connaître le sentiment de chacun. Ces « calculs » étaient d'abord des morceaux de coquille de mer, des jetons de nacre, que Ton remettait aux membres du tribunal au moment de leur entrée en séance. Dans la suite, les coquilles furent remplacées par des pièces de métal, appelées spondyles : celles qui impliquaient la condamnation étaient noires et percées au centre; les autres, blanches et entières.
Dans les causes criminelles on observait la double procédure suivante, que rappelle un peu celle de nos Cours d'assises. Par une première décision on déclarait l'accusé coupable, ou inno- :ent; et par un second arrêt, on fixait la peine encourue.
Vne interpellation extraordinaire, mais qui s'explique cepen-