Descuartizar, mettre en morceaux
3. Artesa, huche à pétrir le pain, et tronc d'arbre creusé en forme de pirogue. L'arfc-a était inscrite dans la Ley de partida, législation pénale qui n'a été abolie qu'en 1800. Y. Théor. Code pénal espagnol, Laget, p. 156.
sion du coupable, soif que celui-ci perde complètement la raison, soit qu'il succombe au cours de L'effroyable régime cellulaire auquel OU Le soumet durant de mortelles années. Qu'on en juge!
Vergastole est un emprisonnement spécial, imposé à celui qui ayant encouru la prison perpétuelle « se rachète ainsi de la mort qu'il mériterait en principe ».
Pendant dix ans, le condamné restera seul dans un cachot à peine éclairé, sans voir même ses gardiens, qui lui tendront, à travers un guichet, la nourriture strictement suffisante pour L'empêcher de mourir de faim : du pain et del'eau; pendant dix ans, il lui sera interdit de recevoir la visite de qui que ce soit, même celle de l'aumônier; pendant dix ans, il lui sera défendu de lire ou d'écrire et de se livrer à aucun travail; pendant dix ans, enfin, il ne pourra prononcer la moindre parole, le règlement refusant aux condamnés à l'ergastolc le droit de parler à haute voix, fût-ce à soi-même. Et cela, sous peine de voir s'aggraver encore le régime pourtant déjà si terrible de leur châtiment : d'être jetés par exemple dans un cachot complètement obscur, ou d'être revêtus d'une chemise de force; d'être enchaînés au moyen de fers qui, reliant les mains aux pieds, obligent le corps à rester plié en avant; ou enfin d'être placés sur le lit de force, caisse de bois semblable à un cercueil, percée de deux trous pour laisser passer les pieds et empêcher le mouvement des jambes, pendant que les bras sont immobilisés par la chemise de force.
Enfin une aggravation de sévérité fait prendre toutes les mesures utiles pour que le condamné ne puisse se rendre compte du temps écoulé , ni connaître les jours et les heures.
Autant dire qu'en pareil cas on condamne à la folie ! car il n'est pour ainsi dire pas d'exemple que la raison d'un homme ait résisté à l'atrocité d'un pareil régime.
En vérité , si les soi-disant humanitaires ne peuvent compenser l'efficacité de la peine capitale que par des cruautés aussi raffinées, mieux vaut encore le couperet.
En Angleterre, la mort sanglante est remplacée par la pendaison : « En qualité de chapelain catholique d'une prison de Sa
Majesté Britannique, écrit un aumônier, ma fonction m'obligeait à être présent quand le juge portait une sentence de mort. Mon ministère me fit connaître une coutume dont je n'avais jamais entendu parler. La loi veut que, dès que le Président s'est couvert la tête du voile noir pour prononcer la peine capitale , le chapelain s'approche et se tienne debout près de lui, afin que l'accusé ait ainsi devant les yeux, à ce moment suprême, les deux justices en présence : celle des hommes qui parle pour condamner; celle de Dieu qui demeure silencieuse dans la personne du prêtre, mais est disposée à faire entendre des paroles de pardon et de consolation. » La formule de la sentence de mort se termine par cette invocation : « Que Dieu fasse miséricorde à votre âme! » et les assistants répondent : Amen! L'exécution a lieu d'ordinaire à huit heures du matin, le lundi qui suit le troisième dimanche après la condamnation. » La pendaison s'applique aussi bien aux femmes qu'aux hommes : témoin Marie Ansell qui, en juin 1899, était exécutée de cette manière, pour avoir donné à sa sœur un gâteau empoisonné.
Interrogée sur les sentiments manifestés par les femmes condamnées à mort, Mme Fry, une des charitables visiteuses des prisons de Londres, répondit : « J'ai le regret de dire que leur préoccupation principale était de savoir quel habillement elles prendraient pour monter à la potence. »
Singulier souci au pied d'un gibet !
Le treadmill infligé au moyen de l'appareil ou moulin que nous allons décrire constitue une véritable torture. Ce châtiment spécial n'a rien de commun avec nos travaux forcés, pas plus qu'avec la servitude pénale qui, pour nos voisins d'outre-Manche, entraîne la transportation au bagne.
Les forçats sont des privilégiés, si on les compare aux individus envoyés au « moulin pénal ». Ce genre de hard labour1 est si dur en effet que l'autorité est obligée d'en surveiller de près l'application. C'est ordinairement la sanction des attaques nocturnes à main armée : après l'avoir supprimée pendant quelque temps, on dut la rétablir à cause du nombre toujours croissant des agressions.