New- York Herald, M. H. Revoil
d'une massue; au même instant, de son poing fermé, Tom Byer crevait un œil à Jackson qui, s'appuyant sur L'épaule d'un ami, poussa un rugissement de douleur. Les cinq minutes de répit étant écoulées, il se releva pour la reprise round), et recommença le combat.
« Haeonterai-je en détail, dit le chroniqueur, les scènes de ce spectacle écœurant...? Non! qu'on sache seulement que Tom llyer soutint glorieusement la réputation de son pays, c'est-à-dire qu'il cassa huit dents à Jackson^ lui démit le bras et lui fit sur lu tête deux déchirures profondes d'où le sang, s'échappant à flots, aspergea la terre. Quoique déclaré vainqueur, Tom Hyer tout meurtri fut bien aise de quitter la place. Quant à Jackson, il fut porté mourant dans la yole qui le ramena à bord... Nous rentrâmes alors à Charlestown où Tom Hyer, se dérobant aux ovations de ses admirateurs, prit le train le plus direct pour rentrer chez lui à New-York. Jackson demeura à l'hôpital de Charlestown où il guérit après deux mois de souffrances. Le vaincu n'eut plus envie de recommencer le pugilat, car outre un œil et un bras endommagés, il avait perdu un enjeu de deux cents livres sterling. Renonçant aussi à ces dangereuses rencontres, Tom Hyer se contenta de vendre des liqueurs dans une taverne où la célébrité de son nom attira les consommateurs. »
L'Amérique a pris l'initiative des exécutions capitales par l'électricité : cette innovation, introduite en 1887, est connue sous le nom à'électrocution.
Dans les procès-verbaux d'une des huit premières exécutions, nous voyons qu'un nommé Jaylor, eut un retour complet à la sensibilité, après la première application d'électrodes, qui cependant avait été maintenue cinquante-deux secondes. Un accident de machine ayant suspendu le premier courant pendant une heure huit minutes, on fit au condamné une piqûre de morphine qui n'empêcha ni ses cris ni ses tressautements; en dernier lieu on en vint même à employer le chloroforme, avant la seconde épreuve.
Récemment quatre condamnés étaient mis à mort au moyen d'un courant électrique, d'une intensité exceptionnelle. Le but
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relativement humanitaire qui justifierait cette innovation, n'est et ne peut être que l'extrême rapidité du procédé , en vue de diminuer la douleur; cependant il a fallu près de soixante secondes, pour amener la mort du premier supplicié : la première décharge seule a duré vingt -six secondes. Le second coupable n'a succombé qu'à la troisième application du courant. Le troisième a été soumis à trois épreuves de vingt secondes chacune, avant de perdre la vie. Quant au quatrième, trois applications de quinze secondes ont été nécessaires pour le tuer.
Dans l'électrocution, la mort ne se produit donc pas instantanément : durant un certain temps, elle n'est qu'apparente.
Il en résulte qu'à l'aide de la respiration artificielle, comme on la pratique en cas d'immersion, il serait possible souvent de rappeler la vie dans l'organisme qui semble foudroyé, alors qu'il y a, non point arrêt définitif, mais seulement suspension des fonctions des poumons et du cœur. A l'appui de cette assertion on a fait observer qu'il faut un courant de 2.500 volts pour tuer un lapin, tandis que le courant d'exécution employé plusieurs fois en Amérique, n'en dépassait pas 1.500.
S'il en est ainsi, la prudence des philanthropes qui préconisent l'exécution électrique comme plus « humanitaire » que la corde ou la guillotine, serait donc en défaut. L'autopsie ayant immédiatement suivi les exécutions de ce genre, on doit admettre, qu'en fait, les suppliciés n'ont point été enterrés vivants. En tout cas , il reste un doute très sérieux sur la rapidité de la mort provoquée par les courants électriques. C'est qu'en effet les résultats de l'électrocution dans le Nouveau Monde ne sont guère encourageants. Une expérience de perfectionnement prétendu a été tentée à New-York, sous la direction de M. Mac Donald, qui a voulu essayer sur l'assassin Elvaine l'établissement du courant aux mains, au lieu du front et des jambes; mais il n'aboutit qu'à produire d'atroces convulsions. Après quarante -neuf secondes de torture, on dut revenir à l'ancien procédé, ce qui nécessita de nouveaux préparatifs... Pendant ce temps, le supplicié attendait. La seconde opération, seule, mit fin à ce martyre; et cette fois les médecins purent annoncer qu'Elvaine
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était trépassé, et faire hisser sur la prison le drapeau noir. La première femme exécutée par l'électricité à New -York est
une Dommée Place, dont le supplice eut lieu le 21 mars 1899, a la prison de Sing. Elle avait été condamnée à mort pour assassinat de sa belle-fille, avisée, La veille, que sa sentence suivrait sou cours, elle répondit : « Je serai prête; je remets mon âme à Dieu, et mourrai avec courage. » Elle dormit paisiblement, et dès son réveil, se mit à lire la Bible. Après avoir déjeuné de bon appétit, elle reçut la visite du ministre du culte, et entra avec sérénité dans la chambre du siège fatal. On la fît asseoir dans le fauteuil, et au bout de quelques secondes, le courant était établi. Les cheveux de la condamnée avaient été coupés, et l'on avait fait une petite tonsure à l'endroit où devait s'appliquer l'électrode.
Une doctoresse et une infirmière assistaient à l'exécution. La femme Place ne succomba pas immédiatement. Entre la première et la deuxième décharge , elle ne voyait et n'entendait plus ; mais elle murmurait une prière. La doctoresse et l'infirmière détournèrent la tête au moment de la seconde décharge; ensuite elles constatèrent la mort. Le premier courant avait été de 1.7G0 volts pendant quatre secondes, puis ramené à 200 volts, et continué pendant cinquante-six secondes! Le second courant fut encore de 1.760 volts, puis diminué graduellement jusqu'à extinction.
Dans cette même prison, le 26 février 1900, il fallut appliquer à cinq reprises au condamné italien Senora, le courant électrique transmis par de puissantes dynamos; et encore, à la cinquième luis, la mort ne fut-elle pas instantanée : le supplicié n'expira qu'un quart d'heure après.
De ce qui précède il résulte qu'il n'est pas possible de se conformer à la lettre de la loi américaine. Le texte dit bien : « Pour exécuter la peine capitale, on fera traverser le corps par un courant électrique, d'une intensité assez forte pour supprimer la rie, l'application devant être continuée jusqu'à ce que la mort soit produite. » Or, en fait, une seule application de courant est insuffisante pour foudroyer, et souvent ne crée même pas un état de mort apparent.
En présence des décevants résultats de l'électrocution aux États- Unis, quelques Américains ont fait campagne1 en faveur d'un nouveau procédé de mort par asphyxie : lugazocution. Le patient serait enfermé dans une cellule hermétiquement close, où l'on ferait arriver du gaz d'éclairage, sous pression. Comme ce gaz est anesthésique en même temps qu'asphyxiant, l'homme passerait de vie à trépas, sans crise trop violente.
Tel est exactement le système employé à la fourrière de Paris pour se débarrasser des chiens errants.
Au royaume du Bénin, en Afrique, il n'est point rare que le coupable préfère être son propre exécuteur, et se mutiler luimême, plutôt que de se livrer au bourreau cruel.
« Un noir du Bénin2 voulant se venger d'un individu qu'il accusait de lui avoir volé des dattes, lui avait coupé le pied à la hauteur de la cheville. Saisi immédiatement par la foule, le nègre fut conduit devant le chef, qui, séance tenante prononçant la peine du talion, décida qu'il aurait le pied coupé à la même hauteur que celui de la victime. En conséquence, sur la place de Gato située à peu de distance du fleuve , un espace fut ménagé par les agents de Y obi ou sorcier, le patient devant être tenu par les parents de l'estropié , pendant que l'un d'entre eux lui pratiquerait la même mutilation. Mais les usages du Bénin permettent au condamné de repousser l'intervention des parents vengeurs, à condition qu'il se mutile selon la décision prononcée contre lui par le chef du village, seul juge des contestations civiles ou criminelles. Or, le coupable qu'on venait d'amener devant nous, craignant un surcroît de souffrances causé par une lenteur calculée, avait demandé à exécuter lui-même la décision de l'obi, ce qui lui fut accordé. Il vint donc, assisté de sa femme, tous deux portant un énorme fagot de bois sur leurs épaules. S'étant débarrassés de leur fardeau, ils allumèrent un grand feu, et s'accroupirent à quelques pas, jusqu'à ce que le bois fût réduit à l'état de charbon incandescent. En attendant, le noir fumait son cigare avec la plus grande insou-