Journal qf Stat. Society
KTUDE SUR LES 0RIMINEU3. 825
quand il s* agi! des villes ou des campagnes. Ainsi dans le monde des agriculteurs, les femmes ne valent guère mieux que les hommes. Aux champs, la vie de la femme ressemble beaucoup à celle du mari : isolement, ignorance, et rudes travaux communs, tel est le régime qui abolit eu elle ses délicatesses natives.
A la ville au contraire, s'il y a certainement bien des déchéances morales, la moyenne de culpabilité féminine (du moins en ce qui concerne les manquements réprimés par la loi), reste bien {dus honorable que celle relevée contre les campagnardes.
Dn statisticien s'est appliqué à relever le nombre des délits de paroles commis par les deux sexes en France : or sur 3.18G prévenus de diffamation il y a 2.222 hommes, et 9Gi femmes, — sur V30 prévenus de menaces : 379 hommes et 51 femmes seulement, — pour les outrages: 11.625 hommes et 1.6V7 femmes.
« Ce qui distingue les criminelles, des femmes normales et surtout des folles, dit le Dr Lombroso (à qui nous laissons la responsabilité de l'affirmation), c'est l'abondance extrême de leur chevelure : 39 sur 122 avaient des cheveux opulents. Je n'en ai pas trouvé parmi elles une seule chauve, dit-il; et 3 homicides seulement sur 122 avaient les cheveux blancs *. »
Oue les femmes qui ont une abondante chevelure se rassurent, répond judicieusement M. Proal, et que celles qui sont atteintes de calvitie ne se hâtent pas de s'attribuer le monopole de la vertu : cette double constatation s'explique très facilement, car les criminelles du sexe féminin sont presque toujours des femmes jeunes. »
Huelles raisons peut-on donner de la perversité masculine relative, autrement dit : pourquoi la femme résiste-t-elle mieux que l'homme aux tentations?
Le sentiment plus vif du devoir, constaté chez les femmes, procède de leurs convictions religieuses : « Pendant qu'elles conservent, pour la plupart, leurs croyances spiritualistcs et chrétiennes, écrit M. Proal2, beaucoup d'hommes les perdent, et ne trouvent rien pour les remplacer. »
1 ette explication est pleinement confirmée par l'expérience.