‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 177 sur 323 · L. V, fragment · texte numérisé non relu

L. V, fragment

2. Traité de la Milice. — Placé au sommet d'un château, un heaume indiquait que le •iiain donnait l'hospitalité.

Les anciens avaient deux espèces de boucliers , que les Latins ont désigné par les noms de clypeus et de scutum. Le premier, celui admis par les Grecs, fut d'abord un rond d'osier, puis de bois, recouvert de peaux bordées d'un cercle métallique; les boucliers des Éthiopiens orientaux étaient fabriqués avec des peaux de grues, dont la solidité était exceptionnelle1. Au centre se trouvait une plaque de métal relevée en bosse2, et ornée de figures symboliques ou armoiries, représentant un animal redoutable, une constellation, ou un emblème emprunté à la nature. Autour, étaient gravées des devises du genre de celles dont déjà Eschyle cite quelques exemples : « Je brûlerai la ville » ; ou « Mars lui-même ne me vaincrait pas » ; ou encore : « Je suis la Justice! »

Au baudrier originaire qui retenait le bouclier au cou du soldat, on substitua plus tard des branches de fer en forme d'X, permettant de les tenir par le milieu ; mais quand les Romains appendaient des ex-voto de boucliers dans les temples après une victoire signalée, en gens prudents, ils avaient soin de les dégarnir de cette poignée, pour qu'on ne pût facilement en faire usage au jour où une révolte contre Rome aurait éclaté.

Bientôt les Romains empruntèrent aux Samnites le scutum, bouclier dont la forme convexe s'adaptait au corps et détournait mieux les coups. Polybe le décrit en ces termes : « Porté par les hastaires, il est large de deux pieds et demi et long de quatre pieds; le plus haut mesure environ quatre pieds et une palme. 11 est fait de deux planches collées l'une sur l'autre avec de la gélatine de taureau, et couvertes de toile et de cuir de veau. Les bords de ce bouclier sont garnis de fer pour recevoir les coups de taille, et aussi pour empêcher qu'ils ne se pourrissent contre terre. La partie convexe est également protégée par une plaque de fer3. »

Afin que les soldats romains pussent se reconnaître dans la mêlée, remarque Végèce, chaque cohorte avait des boucliers peints différemment; et sur chacun d'eux étaient écrits le

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