Cur. millit
L'HOMICIDE a l.\ GUERRE. 333
ce fut en vain qu'en 1638 el 1639 Louis XIII, puis Louis XIV par une ordonnance du 5 mars itiT."», prescrivirent à tous cavaliers cl gentilshommes de se couvrir d'armes protectrices : on aimait mieux s'exposer à un coup mortel, que de s'épuiser tous les jours dans une fatigue intolérable.
En France, la cuirasse et le casque ue sont plus en usage que dans certains corps de cavalerie. Très efficaces, en effet, contre les assauts de l'arme blanche, ces vêtements d'acier ont perdu beaucoup de leur importance à raison du rôle prépondérant de l'artillerie sur les champs de bataille modernes.
Occupons-nous maintenant des armes offensives postérieures à l'Age de pierre.
Les armes de cette seconde période (dite âge de bronze) trouvées dans les fouilles, sont principalement des haches et couteaux, des épées à deux tranchants, des pointes de lances et des javelines.
On sait qu'une partie de l'armement des Égyptiens consistait en bâtons ferrés, en glaives à un seul tranchant, en arcs de grande dimension et en frondes de divers systèmes.
Le musée de Berlin contient une dague de bronze qui remonte à la plus haute antiquité de l'Egypte.
Les épées des premiers Grecs furent en bronze. Elles s'élargissaient depuis la garde jusqu'au dernier quart de la longueur, où la pointe se formait assez brusquement.
Du temps d'Homère, l'épée était suspendue à un baudrier qui descendait de l'épaule jusque sur la cuisse. Les fantassins la portaient à gauche, les cavaliers à droite. On voit dans Homère qu'au fourreau était attaché un couteau ou poignard, servant moins à combattre qu'à découper les viandes dans les festins. Les Circassiens en portent encore de semblables. Les Lacédémoniens se servaient d'un sabre recourbé et fort court. Telle était aussi, comme on le voit sur la colonne Trajane, l'épée des Perses et celle de la plupart des barbares.
Les sabres des Gaulois étaient en fer, longs et sans pointe; ils ne pouvaient frapper que de taille. La lame en était d'une trempe si mauvaise qu'elle se faussait dès les premiers coups; et le
soldat, pour pouvoir s'en servir encore, était obligé de l'appuyer contre terre et de la redresser avec le pied. Cette infériorité de leurs armes fut cause de leur défaite à la bataille de Télamon : u Les Romains, instruits par leurs tribuns militaires, dit Polybe, et ayant des épées pointues et bien affilées, les frappèrent d'estoc et non de taille, sur la poitrine et au visage, et les couvrirent de blessures1. »
Les armes familières aux Romains étaient la lance, la hache et Y épée. Celle-ci fut d'abord semblable aux lames qu'avaient les Grecs et les Étrusques; mais à l'époque des guerres d'Annibal, les Romains adoptèrent celles des Espagnols dont la fabrication constituait déjà une industrie fameuse chez les Celtibères; ajoutons-y un poignard que, d'après l'historien Josèphe, ils portaient au côté droit.
La francisque, ou hache à deux tranchants, était l'arme de prédilection des Francs : « Pour eux, dit Sidoine Apollinaire, c'est un jeu de lancer par les airs les haches rapides, avec tant de sûreté et de précision, qu'ils fixent d'avance la place exacte où elles iront frapper. » Ils y adjoignaient un certain coutelas appelé scramasax, orné d'entailles profondes remplies d'un suc empoisonné. Sigebert fut assassiné avec un couteau de ce genre, rapporte Grégoire de Tours. Le moine de Saint-Gall nous a laissé la description suivante de l'épée portée par un chef franc, un jour de cérémonie : « Un baudrier, dit-il, soutenait une épée ; et celle-ci., bien enveloppée d'abord dans un fourreau, puis dans une courroie et enfin dans une toile blanche cirée , était encore fortifiée au milieu par de petites croix très saillantes, afin de donner plus sûrement la mort aux gentils 2. »
Le même écrivain parle, dans son second livre (ch. xxvm), d'une épée de bonne trempe présentée par des envoyés normands à Charlemagne, « qui plia ce glaive de la pointe à la poignée, comme il aurait fait de l'osier, et lui laissa ensuite reprendre son premier estât. »
On ne sait pas au juste à quelle époque remontent les épées à deux mains, dont il est souvent question dans les chroniques du