‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 182 sur 323 · L. X. chap. vr, trad. du président Cousin · texte numérisé non relu

L. X. chap. vr, trad. du président Cousin

d'anathème, y est-il dit, que l'art funeste et odieux aux yeux de Dieu des balistaires (ballistariorum) et des archers (sagittariorum), soit exercé dans les combats entre chrétiens. »

Les dards qu'on lançait le plus ordinairement avec l'arbalète étaient : le garrot, quarrel ou carreau, de bois ou de métal, à bout de fer carré, le vireton et le matras. Ce dernier, beaucoup plus long et plus fort que les autres, se terminait par une grosse pièce de fer, finissant brusquement en pointe : on était obligé, à cause de la pesanteur de ce trait, de bander les arbalètes au moyen d'un cric ou d'un tourniquet.

La fronde fut en usage jusqu'à la fin du xvie siècle. On lit dans la relation du fameux siège soutenu à Sancerre par les protestants, en 1572 : « Durant l'assaut, les vignerons de la ville, qui estoyent en grand nombre divisés en plusieurs endroits de la brèche et ailleurs avec leurs frondes (qu'ils appellent pistolles de Sancerre,) les femmes et les servans leurs portans force pierre, firent merveilles : et eussiez veu tomber les cailloux et les pierres qu'ils jettoyent plus dru que gresle sur les assaillans1. » Suivant d'Aubigné on appela alors les frondes : des arquebuses de Sancerre.

On lit dans Walter Scott2 qu'au xvie siècle, les Écossais portaient une lance de dix-huit pieds de long. Lorsqu'ils voulaient barrer le chemin à l'ennemi, ils se tenaient serrés les uns contre les autres, le premier rang mettant un genou en terre, et dirigeant la pointe des lances vers l'ennemi. Ceux qui étaient immédiatement derrière eux se courbaient un peu, et les autres restaient droits, présentant leur arme par-dessus la tête de leurs camarades, la pointe également dirigée contre la poitrine des adversaires... On croirait lire une description de la phalange macédonienne.

Plusieurs armes blanches, telles que la lance et l'épée ont été conservées dans l'armement des troupes modernes, bien que l'invention de la poudre ait changé du tout au tout les conditions des batailles.

Le mot artillerie, qui de nos jours ne s'applique qu'aux armes

1. Relation du siège de Sancerre, Bourges, 1845, in-3°, p. 83.

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