‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 183 sur 323 · Hist. de l'Ecosse, I · texte numérisé non relu

Hist. de l'Ecosse, I

à feu de gros calibre rentrant dans la catégorie des obus, canons, mitrailleuses, étail très connu, longtemps avant IHnven- • de la poudre. L'affirmation semble peu vraisemblable, aussi • il lieu de la justifier en quelques mois.

Autrefois, par artillerie, ars telorum, on désignait simplement les armes d'attaque lancées par les combattants, floches, arcs ou arbalètes; et, selon une ancienne définition : « Le mestier d'artillerie, c'est à savoir celui de faiseur (Tare ». Quant à l'étymologie directe, on la rencontre dans le vieux verbe « artiller », armer, qui existait encore au xin siècle dans le vocabulaire de la marine : on disait alors « vaisseau artillé », pour désigner un vaisseau acmé '.

Le sire de Joinville parle d'un certain Jean l'Ermin, « artiller du roy, qui était allé à Damas pour acheter cornes et glus d'arbalètes2 ». On trouve une définition précise dans la poésie suivante :

Artillerie est le charroy Qui par duc, par comte, par roy, Ou par aucun seigneur de terre , Est chargié de quarriaus3 en guerre, D'arbalestes , de dars, de lances, Et de targes ' d'unes semblances. v

Encore, suivant Brantôme, « le maistre artiller est celuy qui se mesle de faire traits, arbaiestres et flèches, que j'ai veu élabourées par eux très gentiment5 ». Aussi, quand au xive siècle on voulut établir une distinction entre les deux genres, qualifia-t-on d'artillerie à poudre les armes nouvelles, par opposition à l'ancienne artillerie, dite de main.

Les premiers tubes meurtriers, ou canons tic bois cerclés de fer qui ont remplacé le feu grégeois et les fusées incendiaires dont nous parlerons bientôt) , étaient placés sur des charrettes, et au moment de l'action on les établissait sur des chevalets, fi-

rachet, Étymol.

•2. Ckr. 224.

près de deux mètres lancées au moyen des arbalète:. 4. Petite boucliers.

■dh. litt., I, 578. — Cur. mil., loc. cit. HISTOIRE DES CROYAHCES. — II. 22

chés en terre. Les trois canons de Crécy, et ceux dont, selon Froissart, les Anglais se servirent au siège de Saint-Malo en 1378, étaient de cette sorte.

Des hommes tels qu'Albert le Grand, mort en 1280, et Roger Bacon1 décédé en 1294, ne semblent pas s'être bien rendu compte de la puissance de destruction de la poudre, tandis que les sultans du Maroc l'utilisaient dans leurs armes depuis des années.

Une certaine quantité de salpêtre et de matières combustible? ayant été laissée clans un mortier recouvert d'une pierre, et une étincelle ayant pénétré dans ce récipient, la pierre fut violemment projetée en l'air : de là le nom de « mortiers » donné aux bouches à feu primitives2.

Il existe à la Bibliothèque nationale un manuscrit arabe, dont l'auteur, Nedjm-Eddin-Hassan-Abrammah, mort en 1295, donne, comme la tenant depuis longtemps de son père, la formule de fabrication de la poudre.

En effet, suivant la route que lui traçaient les conquêtes des Arabes, le nouvel explosif paraît avoir été utilisé en Espagne dès le siège de Niébla en 1257 où, d'après un historien, les assiégés lancèrent avec des machines dans le camp des chrétiens, des pierres « et des traits de tonnerre avec feu'6 », périphrase qui, à n'en pas douter, décrit les canons d'alors.

Le texte d'une Provvisione de la république de Florence, en date du 11 février 1325 , « accorde aux prieurs et aux douze bonshommes 4, la faculté de nommer deux officiers, chargés de la fabrication des boulets de fer et des canons de métal 5.

Une étude de M. Lacabane relate un acte du 2 juillet 1338, relatif à la fabrication de la poudre à Rouen : « Sachent tous, que je, Guillaume du Moulin de Bouloigne, ai eu et receu de

1. Si Bacon parle de la poudre, c'est seulement comme d'un pétard curieux : ce Par suite de la force de ce sel qui est appelé salpêtre, il se produit un bruit si horrible qu'il dépasse le rugissement du tonnerre. )> (Opus majus, in-fol., 474.)

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