‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 185 sur 323 · Mort en · texte numérisé non relu

Mort en

Muratori, XIII 947.

De remediis..., I.

Les ordonnances royales distinguèrent bientôt le « baston à feu » d'avec la bombarde. C'est en 1354, en exécution de la première ordonnance relative au service de l'artillerie, que l'on commença à construire des pièces de gros calibre en France : il y en avait de dimensions énormes, surtout pour les cas de siège.

Au témoignage de Froissart, les Gantois, au siège d'Oudenarde en 1382, « pour plus ébahir ceux de la garnison, firent faire et ouvrer une bombarde merveilleusement grande, laquelle avait cinquante-trois pouces de bec, et jetoit carreaux merveilleusement grands, et gros pesants; et quand cette bombarde descliquoit, on l'oïoit par jour bien de cinq lieues loin, et par nuit, de dix; et menoit si grand'noise au descliquer, que il sembloit que tous les diables d'enfer fussent au chemin. »

Dès la première moitié du xvc siècle, l'artillerie française réalisa des progrès remarquables. Le caractère des bouches à feu de cette époque est d'assurer à la défense une grande supériorité sur l'attaque, car les gros calibres, difficiles à déplacer, sont plus que jamais en faveur. On voit des bombardes lançant des pierres de 600 à 1,500 livres et jusqu'à 1,800 livres.

En 1429 au siège d'Orléans, maître Jehan Lorrain avait tiré bon parti des couleuvrines pour l'attaque, sous l'impulsion de Jeanne d'Arc qui émerveillait le duc d'Alençon , « estonné que si sagement elle se comportât au fait de guerre, et surtout en l'ordonnance de l'artillerie » .

Lorsqu'ils firent le siège de Constantinople, les Turcs employèrent un canon gigantesque que l'on mettait deux heures à charger.

Au mois de janvier 1453, Mahomet II se rendit à Andrinople, pour éprouver ce canon. « Le fondeur le fit traîner devant la grande porte du palais que Mahomet avait fait bâtir, et le chargea d'un énorme boulet de pierre. On fit alors publier que le jour suivant on y mettrait le feu, de peur que faute d'être sur leurs gardes, quelques-uns n'en perdissent la parole ou que les femmes ne mourussent de frayeur... Le feu ayant été mis à la poudre, la pierre sortit avec un bruit effroyable, au milieu d'une fumée noire et épaisse. Le son alla jusques à cent stades, et la pierre jusques à un mille. A l'endroit où elle tomba elle fit un trou profond d'une toise. »

L'HOMICIDB A LA GUJEBRB. 84<

Mahomet 11. satisfait <1<- cette ('preuve, ordonna de transporter ce canon à Constantinople. On attela, à cet effet, soixante bœafs pour le charrier...

Péniblement arrivé à destination, le canon monstre lit plus de bruit <jue de bon ouvrage : lors de l'attaque il éclata bientôt, en couchant à terre quantité de victimes autour de lui.

C'est vers 1477 que se place L'apparition du plus ancien traité d'artillerie qui nous soit parvenu. Le livre manuscrit, ou Secret de l'art de Varttllerye et cànonnerye, énumère les « Conditions moeurs et sciences que doibt avoir ung chacun, au dit art de canonnerye : — Premièrement, doibt honorer et aymer Dieu, et l'avoir toujours devant les yeux, et crainte de l'offenser plus que autres gens de guerre, car jà toujours est-il en danger d'être bruslé de la poudre. — Item, sçavoir lire et escripre, car en sa mémoire ne pourroist pas retenir toutes les matières, confections et aultres choses appartenant au dict art... »

La suprématie décisive de l'artillerie française en Europe date de li9i, année de l'expédition de Charles VIII en Italie. Huit mille chevaux, menés par quatre mille charretiers et tramant deux cents canons de bronze franchirent les monts, pendant que cent quarante grosses pièces embarquées à Marseille étaient transportées par mer à la Spezzia.

Quant à l'histoire de l'artillerie et de la balistique modernes, elle est beaucoup trop spéciale pour que nous songions à la décrire ici.

Consacrons quelques lignes à l'examen de plusieurs curiosités, relatives aux procédés inventés par les peuples anciens, pour ^'oiiti'e-détruire plus sûrement.

L'emploi des éléphants l à la guerre remonte à une haute antiquité chez les peuples de l'Orient, les Indiens en particulier. Mais ce fut seulement lors de l'expédition d'Alexandre, qu'une armée européenne eut à les combattre. Le prince macédonien ayant franchi l'Hydaspe (3*27 av. J.-C), trouva sur la rive opposée Porus à la tète d'une aimée où l'on comptait deux cents éléphants

Page 1